Le mystère d’Israël dans l’oeuvre de Jacques Maritain

Le 28 octobre 1965, Paul VI promulguait la déclaration conciliaire Nostra aetate, traitant du rapport de l’Église catholique avec les religions non-chrétiennes. Au paragraphe 4 intitulé « de la religion juive », le Magistère de l’Église catholique se prononce pour la première fois sur le lien qui l’unit au peuple de la première Alliance, rompant ainsi avec l’antique enseignement sur les Juifs déicides et rejetés par Dieu. Jacques Maritain peut être considéré comme un pionnier du nouveau discours chrétien sur les Juifs, qu’il développa dans le contexte d’une France rongée par l’antisémitisme et la montée du nazisme. En analysant la pensée de Maritain sur ce qu’il appelait le mystère d’Israël, l’auteure nous montre en quoi celui-ci s’inscrit et prépare le document conciliaire mais aussi quelles pistes sont encore à exploiter par la théologie.

La « sécularisation interne  » du christianisme : quel apprentissage pour la théologie ?

La « sécularisation interne » du christianisme : quel apprentissage pour la théologie ? Le principe de laïcité en France a imposé l’existence de lieux différenciés et leur identification précise, avec leur objectif spécifique et leur propre logique scientifique. Mais pour ce qui est de la théologie chrétienne, elle est statutairement liée à l’interlocution avec d’autres sciences religieuses. Un long processus d’apprentissage a commencé avec la naissance des RSR dans le cadre d’une « sécularisation » dont le paradigme peut servir à comprendre ce processus.

Bulletin Lettres pauliniennes et théologie du Nouveau Testament 101/3

I. Paul et ses lettres 1. Bouthors J.-F., Paul, le Juif, Parole et Silence – Collège des Bernardins, Paris, 2011), 195 p. 2. Given M. D. (éd.), Paul Unbound. Other Perspectives on the Apostle, Hendrickson, Peabody, 2010, 210 p. 3. Reynier Ch., Pour lire la lettre de Saint Paul aux Romains, Cerf, Paris, 2011, 176 p. 4. Bony P., Un juif s’explique sur l’Évangile. La lettre de Paul aux Romains, Desclée de Brouwer, Paris, 2012, 444 p. 5. Meynet R., La lettre aux Galates, « Rhétorique sémitique 10 », Gabalda, Pendé, 2012, 255 p. 6. Puca B., Una periautologia paradossale. Analisi retorico-letteraria di Gal 1,13-2,21, Tesi Gregoriana 185, Gregorian and Biblical Press, Roma, 2011, 309 p. 7. Matta, Y., À cause du Christ. Le retournement de Paul le Juif, « Lectio Divina 256 », Cerf, Paris, 2013, 382 p. 8. Romanello S., L’identità dei credenti in Cristo secondo Paolo, « La Bibbia nella storia 22 », Dehoniane, Bologna, 2011, 233 p. 9. Sichkaryk I., Corpo (sôma) come punto focale

Bulletin M. Rastoin 101/3 – 2013 – liste ouvrages recensés

I. Actes – milieu du Nouveau Testament 1. Keener Craig S., Acts: An Exegetical Commentary : Introduction and 1:1-2:47, Baker Academic, Grand Rapids, 2012, 1038 p. 2. Butticaz Simon David, L’identité de l’Église dans les Actes des Apôtres : de la restauration d’Israël à la conquête universelle, BZNW 174, De Gruyter, Berlin/New York, 2011, 556 p. 3. Dionne Christian, L’Évangile aux juifs et aux païens. Le premier voyage missionnaire de Paul (Actes 13–14), « Lectio divina 247 », Cerf, Paris, 2011, 380 p. 4. Walton Steve, Thomas E. Philips, Lloyd K. Pietersen (éd.), Reading Acts Today. Essays in honour of Loveday C. A. Alexander, T & T Clark, London/New York, 2011 232 p. 5. Kuecker Aaron, The Spirit and the “Other”. Social Identity, Ethnicity and Intergroup Reconciliation in Luke-Acts, LNTS 444, T&T Clark, London/New York, 2011, 277 p. 6. Dunn James D. G., Jesus Remembered II. Beginning from Jerusalem, Eerdmans, Grand Rapids, 2009, 1347 p. 7. Zwiep Arie W., Christ, the Spirit and the community of God, essays

Édito 101/3 : Penser la différence dans la crise culturelle de l’Europe

C’est à une crise culturelle sans précédent que le christianisme européen se trouve aujourd’hui confronté, et particulièrement dans le champ de l’anthropologie. Jusqu’à une époque récente, les contestations dont il faisait l’objet n’empêchaient pas – du moins de façon générale – un certain consensus de fond : sur les représentations élémentaires de l’être humain, de la différence homme-femme, de la vie en société, ou encore du rapport à la nature. Désormais, nous sommes dans un monde où ces représentations ne vont plus de soi pour un certain nombre de nos contemporains, personnes ou groupes. Ce ne sont pas simplement des « valeurs » traditionnelles qui seraient concurrencées par de nouveaux idéaux. Sont en cause les grandes symboliques qui ont puissamment contribué à façonner la société européenne. Or, ces symboliques sont largement redevables de la tradition judéo-chrétienne et des traditions gréco-romaines (ou plus précisément du travail pluriséculaire que la tradition judéo-chrétienne a opéré sur ces traditions gréco-romaines). Ainsi, des valeurs essentielles à la modernité occidentale étaient elles-mêmes

Humain et nature, femme et homme : différences fondatrices ou initiales ? Réflexions à partir des récits de création en Genèse 1-3

Résumé A. Wénin – Humain et nature, femme et homme : différences fondatrices ou initiales ? Réflexions à partir des récits de création en Genèse 1-3 L’idée que les premières pages de la Bible (Gn 1–3) constituent un discours théologique et anthropologique concernant la création et qu’elles contiennent une révélation aussi définitive qu’unique sur l’être l’humain semble aller de soi. Mais ce raccourci ne se fonde-t-il pas sur l’occultation du genre mythique et de la nature narrative de ces textes qui, comme tout écrit, encodent une vision spécifique et située culturellement ? L’auteur interroge ces textes à nouveaux frais pour voir si ce qu’ils disent de la différence entre l’humanité et la nature, et entre l’homme et la femme, n’est pas plus complexe et nuancé que ce que la tradition en a retenu, et pour vérifier si ces textes immémoriaux ne recèlent pas des ressources cachées permettant de penser les questions anthropologiques que soulèvent notre époque. Human and nature, woman and man : founding or

Que faire des différences ?

La « différence » suppose l’ « altérité » des éléments entre lesquels elle est établie ou constatée, elle suppose, également, une comparaison ou un ordre entre ces éléments. Les deux terrains où ces catégories sont plus particulièrement en jeu sont la différence entre « l’humain » et le « non humain » et la différence entre l’homme et la femme. L’article analyse la mise en cause, à l’époque moderne, de l’importance structurante de la différence des sexes pour les sociétés humaines et s’interroge sur les motifs qui nourrissent cette contestation. Peut-on gérer le conflit entre la demande de reconnaissance de toutes les différences et l’exigence concomitante d’égalité sans « accommodements raisonnables »