Éditorial (104/3)

En hommage à Mgr Joseph Doré à l’occasion de ses quatre-vingts ans Que faisons-nous quand nous nous adressons à celui que nous appelons « Dieu » ? Cette question oriente le présent numéro préparatoire au prochain colloque des RSR. L’enjeu est de taille : prendre en compte non seulement la pluralité des manières de s’adresser à « Dieu », mais aussi les incertitudes quant à celui ou ce que recouvre cette désignation. Il s’agit donc en même temps de poser le problème d’une « critériologie » de ce qui mérite d’être appelé « divin ». Cette entrée dans la problématique nous conduira à reposer, dans les conditions historiques qui sont les nôtres, et donc à frais nouveaux, la question plus « classique » de la juste nomination de Dieu : qu’en est-on aujourd’hui déterminé et autorisé à dire (ou ne pas dire) ? À ce titre, on ne peut que se souvenir d’un auteur fort attentif aux conditions ou modalités de la prière, de la méditation ou de la contemplation, Denys l’Aréopagite qui n’en hésitait pas moins à parler

Lettres pauliniennes et théologie du nouveau testament (104/2 – 2016)

Jean-Noël Aletti Institut Biblique – Rome I. Introductions et commentaires 1. Arbiol Carlos Gil, Pablo en el naciente cristianismo, « Ché se sabe de… », Editorial Verbo Divino, Estella, 2015, 283 p. 2. Attinger Daniel, Lettera ai Romani. La misteriosa compassione di Dio, « Spiritualità biblica », Qiqayon, Comunità di Bose, 2013, 367 p. 3. Gignac Alain, L’épître aux Romains, CNT 6, Éd. du Cerf, Paris, 2014, 645 p. 4. Focant Camille, Les lettres aux Philippiens et à Philémon, CNT 11, Éd. du Cerf, Paris, 2015, 263 p. II. Études sur une lettre 5. Linebaugh Jonathan A., God, Grace, and Righteousness in Wisdom of Solomon and Paul’s Letter to the Romans. Texts in Conversation, “Supplements to Novum Testamentum” 152, Brill, Leiden, 2013, 268 p. 6. Arnold Matthieu, Dahan Gilbert, Noblesse-Rocher Annie (Éds.), Philippiens 2, 5-11. La kénose du Christ, « Études d’histoire de l’exégèse » 6, Éd. du Cerf, Paris, 2013, 173 p. 7. Raimbault Christophe, L’avènement de l’amour. Épître aux Romains chapitres 12 et 13, « Lectio Divina », Éd. du Cerf ,

Bulletin Évangiles Synoptiques et Actes (104/2 – 2016)

Marc Rastoin Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris En guise d’introduction, on peut observer la part notable des travaux portant sur l’analyse narrative des textes évangéliques (cf. no 9 et 31) et tout ce qui touche au contexte gréco-romain : on constate à ce niveau-là une recherche croissante sur les parallèles narratifs entre certains récits néotestamentaires et la littérature grecque. Il en va ainsi particulièrement pour le livre des Actes (cf. no 4, 5, 8, 10, 11-12, 14, 48-49). Les études dites « postcoloniales » continuent à être bien représentées, aux États-Unis en particulier, mais aussi en Asie et Angleterre (cf. le livre de C. Pero dans le no 26, celui de S. Mainwaring dans le no 35). La question synoptique continue à être très présente également du fait que la domination de la « théorie des deux sources » n’est plus aussi assurée qu’il y a une vingtaine d’années : les partisans de l’hypothèse de Michael Goulder (que Luc aurait connu Matthieu, ce qui permet de ne

Composition d’une théologie systématique

Un projet d’ensemble En 2007, Christoph Theobald publiait deux forts volumes de théologie systématique dont il prolonge aujourd’hui les attendus dans un nouvel ouvrage1. Les deux volumes initiaux, publiés sous le titre significatif, Le Christianisme comme style, entendaient mettre en lumière la forme de la théologie systématique, en l’appréhendant précisément comme « manière de procéder », sans qu’elle ne se réduise à une forme de rhétorique persuasive, une ornementation du discours ou une grammaire du croire chrétien. […]

Sensus fidei fidelium. Enjeux d’avenir d’une notion classique

S’il est une notion qui, à notre époque, fait un retour dans le discours ecclésial et intéresse les théologiens, c’est le sensus fidei fidelium. Est-ce pour répondre à l’air du temps citoyen ou bien pour s’interroger, dans une situation de non évidence de la proposition chrétienne, sur la « boussole » interne qui permet de la maintenir vivante ? L’article répond à cette question en situant le sensus fidei fidelium dans l’ « architecture » relationnelle, toute en tensions, de la tradition ; il analyse ensuite les mutations historiques, intervenues au sein de celle-ci, et s’ouvre ainsi sur les potentialités d’avenir que contient cette notion, au moment historique qui est le nôtre.

Sensus fidei et vision de l’Église chez le pape François

Le thème du sensus fidei, relativement discret chez le pape François, semble cependant occuper un emplacement stratégique. Il prend tout son sens dans le contexte de la « théologie du peuple », développée notamment par les théologiens argentins dans la foulée de Lumen gentium et d’Evangelii nuntiandi, qui informe le document d’Aparecida et est reçue par le pape. Celui-ci insère le sensus fidei dans un ensemble de réalités (expression des fidèles, synodalité, rôle des Églises particulières…) qui peut seul le rendre opératoire. La question est posée de la transposition aux Églises des sociétés dites occidentales d’une théologie née dans un contexte social et ecclésial différent.

Sensus fidei, sensus fidelium. Histoire d’une notion théologique discutée

Sensus fidei et sensus fidelium sont souvent invoqués à l’appui de telle position ou évolution doctrinale. Comment comprendre cette notion théologique ? Comment discerner ce « sens des fidèles » dans la vie ecclésiale ? S’y confond-il avec une opinion majoritaire ? Quelles sont les responsabilités respectives des théologiens et des pasteurs à son égard ? La relecture historique de la tradition chrétienne ici proposée apporte certaines clarifications sur les différents aspects de la question.

Bulletin de théologie patristique grecque (104/1 – 2016)

Les ouvrages présentés dans les premières sections de ce Bulletin portent successivement sur des auteurs des IIe-IIIe siècles, du IVe siècle, du Ve siècle et des VIe-VIIe siècles. Les ouvrages recensés dans la cinquième section (« Histoire et Théologie ») portent sur plusieurs auteurs à la fois, ou sur des thématiques couvrant plusieurs périodes de la littérature patristique, ou encore sur la postérité de cette littérature. I. Les IIe-IIIe siècles : Hermas, Clément d’Alexandrie, Origène 1. Grundeken Mark, Community Building in the Sheperd of Hermas. A Critical Study of Some Key Aspects, « Supplements to Vigiliae Christianae », Brill, Leiden/Boston, 2015, 235 p. 2. Havrda Matyás, Hušek Vít, Plátová Jana (Éds.), The Seventh Book of the Stromateis. Proceedings of the Colloquium on Clement of Alexandria (Olomouc, October 21-23, 2010), « Supplements to Vigiliae Christianae », Brill, Leiden, 2012, 386 p. 3. Orígenes, Sobre los principios. Intr., texto crit., trad. y notas de S. Fernández, prefacio de M. Simonetti, « Fuentes patrísticas » 27, ed. Ciudad Nueva, Madrid, 2015, 1048 p. 4. Abbattista

Bulletin de judaïsme ancien (2) nouvelles perspectives sur l’histoire de la dynastie hasmonéenne (104/1 – 2016)

La période de la dynastie hasmonéenne, depuis la révolte dite des Maccabées jusqu’à la prise de Jérusalem par Pompée en 63 av. n. è., revêt une importance cruciale dans l’histoire du judaïsme, car elle représente la dernière période d’autonomie politique juive (ou judéenne) sur la terre d’Israël avant le XXe siècle. Dans son Histoire des Juifs publiée au XIXe siècle, le célèbre historien juif allemand Heinrich Grätz voyait en elle le moment le plus passionnant de l’histoire juive. Or depuis les années 1980, si l’on excepte de rares commentaires du Premier et du Deuxième Livres des Maccabées, peu de travaux d’importance avaient été consacrés à cette période, jusqu’à la publication simultanée de plusieurs monographies en 2013 et 2014, qui témoignent d’un renouvellement des approches, au croisement de l’histoire, de l’archéologie, de la numismatique et de l’exégèse. Ces travaux sont traversés par la question récurrente du rôle joué par les modèles politiques hellénistiques dans l’évolution de la dynastie hasmonéenne, une question

Bulletin d’histoire de l’exégèse (104/1 – 2016)

Qu’est-ce que l’histoire de l’exégèse ? Si la question vaut d’abord pour elle-même du fait qu’on s’interroge depuis des siècles, pour ne pas dire des millénaires, sur l’histoire – et l’historiographie – en général, elle peut aussi relever d’une pertinence particulière à un moment donné et dans un cadre particulier. C’est dans ces deux derniers cas que nous nous situons et qu’une telle question surgit pour ce Bulletin en fonction de la diversité, voire de l’étroite précision de tel ou tel ouvrage, mais touchant directement ou indirectement, et de façon significative, à la spécialisation de ce Bulletin. Tant qu’il s’agit d’œuvres explicitement et quasi totalement liées à la Bible, les choses vont de soi, même s’il nous a fallu, dans l’un ou l’autre cas, faire le départ entre ce qui relevait de la recherche pure et ce qui relevait d’une certaine vulgarisation. Si, dans ce dernier cas, nous avons retenu des ouvrages, c’est que non seulement ils étaient assurés par des spécialistes en