Bulletin de théologie des religions (103/4)

I. Théologie chrétienne et pluralité religieuse 1. Garrigues Jean-Michel, Le peuple de la première Alliance. Approches chrétiennes du mystère d’Israël, « Théologies », Éd. du Cerf, Paris, 2011, 276 p. 2. Hurtado Manuel, A Encarnação. Debate cristologico na teologia cristã das religiões, Paulinas Eds., Sao Paolo, 2012, 198 pages 3. Barnes Michael, sj, Interreligious Learning. Dialogue, Spirituality and the Christian Imagination, Cambridge University Press, Cambridge, 2012, 306 p. 4. Younès Michel, Pour une théologie chrétienne des religions, DDB, Paris, 2012. II. Théologie chrétienne et rencontres interreligieuses 5. Borrmans Maurice, Dialoguer avec les musulmans. Une cause perdue ou une cause à gagner ?, « Questions disputées », Téqui Éd., Paris, 2011, 325 p. 6. Massein Pierre, Dom, Dufief Véronique, Un moine chrétien rencontre des moines bouddhistes, « Visages », L’Échelle de Jacob, Dijon, 2012, 190 p. 7. Daou Fadi, Tabbara Nayla, L’hospitalité divine. L’autre dans le dialogue des théologies chrétienne et musulmane, « Colloquium salutis. ESTR » 1.2, LIT Verlag, Münster, 2013, 192 p. 8. Mooren Thomas, Wenn Religionen sich begegnen. Glauben und anders

« Jusqu’à ce que s’ouvre une voie… » À propos du dernier ouvrage de Joseph Moingt, Croire au Dieu qui vient

Les lecteurs du Père Joseph Moingt auraient pu s’attendre à une ultime synthèse de sa pensée, or ce nouveau volume, Croire au Dieu qui vient, offre bien autre chose. Cet ouvrage suppose un fort engagement personnel de théologien partageant toutefois la difficulté de beaucoup de chrétiens d’aujourd’hui de réconcilier l’enseignement de l’Église à leurs interrogations à son endroit. C’est une passion qui traverse cet ouvrage, passion ténue parce que portée à la fois par un élan irrésistible vers l’avenir et une patience intellectuelle non moins invincible. Entre foi « établie » et raison « éclairée », un long chemin de réconciliation s’ouvre pour l’auteur et son lecteur.

« Thèse » doctrinale et « hypothèse » pastorale. Essai sur la dialectique historique du catholicisme à l’époque contemporaine

À l’occasion de la tenue à Rome du synode sur la famille, la question du changement doctrinal et pastoral dans l’Église est ramenée sur le devant de la scène religieuse et politique. L’historien du catholicisme peut relever par exemple, la quasi disparition de certains problèmes, la norme demeurant intacte en théorie. À travers cet article, on voit ainsi s’esquisser les grandes lignes d’une sorte de schéma global d’adaptation catholique à la modernité fondé sur l’observation comparée d’un certain nombre de dossiers. Entre « thèse » et « hypothèse » , la dialectique historique du catholicisme a tendance, depuis la fin du XVIIIe siècle, a évoluer entre « acclimatation forcée » et « adaptation délibérée ».

L’ajournement de la fin. La temporalité de la vérité dans l’Apologiticus et le De prescriptione haeriticorum de Tertullien

À quelle réalité saint Paul fait-il référence dans le passage de la seconde épître aux Thessaloniciens (2 Th 3, 6-7) lorsqu’il parle d’un pouvoir rétentif (to kathekon) ? L’article vise, non pas la dimension politique de ce pouvoir, mais les deux aspects impliqués par le passage de la seconde lettre aux Thessaloniciens : celui de l’apostasie et celui du rôle du temps. En opérant un rapprochement entre l’Apologeticus et le De prescriptione haereticorum de Tertullien, ainsi que l’interprétation newmanienne du développement, l’auteur montre comment le concept de kathekon commande directement la question de la temporalité de la vérité dans la facticité de la vie et du savoir dans le christianisme.

Bible et violence : quelles dialectiques ?

La Bible entretient avec la violence des relations complexes, d’ordre dialectique. En relisant quelques textes en fonction de leur teneur cathartique, et selon le principe exégétique et herméneutique de l’analogie de la foi, nous pouvons les comprendre comme une entreprise de déconstruction et de délégitimation de la violence. Le processus qui met en œuvre diverses stratégies littéraires semble être une condition requise pour proposer une éthique et une spiritualité de la non-violence.

Les fondements de l’herméneutique rabbinique du contournement de la violence

Face aux violences contemporaines commises au nom de la religion, est-il possible de découvrir dans l’univers herméneutique de sa propre tradition les ressorts humains qui permettent de mettre en échec ces violences ? L’analyse détaillée de deux textes rabbiniques sur la violence de certaines injonctions de la Torah relatives aux enfants illégitimes nous servira de cadre pour comprendre comment les rabbins d’antan, par un travail herméneutique de contournement de la violence, savaient déjouer les pièges des violences scripturaires. Leur savoir passé doit pouvoir nous aider à faire face aux dangers de fanatismes qui minent aujourd’hui les mondes religieux.

Le dialogue juifs-chrétiens et la question de la terre d’Israël

Au coeur du dialogue avec les juifs qui s’est développé dans les cinquante années qui ont suivi la publication de Nostra Aetate, la question d’une revendication juive de la Terre d’Israël est sans cesse revenue. Quelle est la position de l’Église envers cette revendication juive de la Terre à la lumière de son interprétation dans la Bible ainsi que le développement d’une tradition chrétienne et la recherche constante de la justice et de la paix dans un monde brisé ? Comment le dialogue entre juifs et catholiques dans une nouvelle aire de respect et de coopération s’apparente-il avec le cri de justice des Palestiniens ? Cet article retrace le développement de la pensée de l’Église durant ces cinquante dernières années.

L’actualité de l’élection traitée selon deux perspectives différentes en « écriture dialogale »

Comment faire valoir une question difficile et discutée comme celle de l’élection vue par les deux traditions juive et chrétienne, et comment montrer ce qu’un tel échange peut provoquer comme questionnement chez chacun des interlocuteurs sur sa propre position ? Les deux auteurs ont choisi le dialogue comme façon la plus adéquate d’honorer cette question et nous livrent ici leurs échanges qui dévoilent des convergences de vues, mais exprimées de manières différentes : joie et espérance dans cet échange.