Est-ce la tâche de « la droite raison » que de « démontrer les fondements de la foi » ?

Exposant la pensée de Dubarle et de Schaeffler sur les relations entre philosophie et théologie, ou plutôt sur l’intérêt d’un exercice philosophique pour la théologie, l’article défend la thèse selon laquelle la recherche de fondements philosophiques pour la théologie résulte d’une naturalisation de la foi religieuse, et d’une confusion entre foi et savoir.

De l’éclosion du christianisme à la « déclosion de la raison » :

Cet article est une analyse du programme de déconstruction du christianisme, proposé par Jean-Luc Nancy, en prêtant une attention particulière au second volume du diptyque. Après avoir rappelé le sens que Heidegger donne à ce terme, l’étude se focalise sur les trois notions centrales de « déclosion de la raison », de « fortuité » et de « raison adorante ». L’étude se termine en adressant douze questions critiques à Nancy.

Philosophie et théologie en procès d’alliance

La théologie est une question disputée en philosophie et nombreux sont les philosophes à se porter à son chevet. Devant tant de sollicitude, le théologien ne peut en rester à une aimable indifférence. Il ne peut oublier que la théologie s’est développée au fil d’un dialogue continu avec la philosophie. Le présent article traite cette question à partir de trois auteurs appartenant à des générations différentes et pour lesquels la théologie est soit libérée, soit congédiée, soit magnifiée. Autant d’invitations à la théologie de clarifier son rapport à l’instance philosophique et à s’assurer de son chemin singulier.

Le corps du témoin. Sur la vision eschatologique du martyr

Dans cet article, deux hypothèses se croisent. La première affirme que l’eschatologie n’est pas une représentation du monde, ni même seulement une conception du temps, mais un mode de vision spécifique. La seconde consiste à inscrire cette vision dans l’institution théologico-politique du martyre, telle qu’elle s’est déployée au début du IIe siècle de notre ère entre judaïsme et christianisme. Une double hypothèse, qui permettra de parler d’une vision eschatologique du martyr, mais aussi de questionner la construction d’un nouveau corps collectif devant le témoignage du martyr.

Reprise conclusive

Opérant, dans un premier temps, une « relecture » du dossier préparatoire et, dans un second, du colloque sur la thématique « Penser la différence dans la crise culturelle de l’Europe. L’expérience chrétienne revisitée », la présente contribution propose, dans un troisième moment, quatre pistes de réflexion qui sont autant d’enjeux pour la crédibilité du discours théologique et de l’expérience chrétienne dans le contexte contemporain. La première a trait au statut du discours théologique, la deuxième s’interroge sur la référence à la tradition, la troisième souhaite réhabiliter l’anthropologie théologale propre à la tradition chrétienne, et la quatrième se penche sur les dimensions et tâches de l’éthique chrétienne.

Pour une anthropologie théologique de la différence

Une théologie qui voudrait faire entendre sa voix dans le débat actuel sur les deux différences majeures qui nous constituent – notre place parmi les vivants et notre bisexualité – et présenter la tradition chrétienne comme une véritable « source », devra accepter de refaire le travail d’interprétation que d’autres ont fourni sur ces questions, dans de tout autres conditions, au début du christianisme et à l’époque de la chrétienté. C’est ce que l’article esquisse à partir de la dimension eschatologique de notre expérience baptismale, bien mieux située pour rendre compte de nos différences que ne l’était le mythe des origines, plusieurs fois revisité jusqu’à ce qu’il trouve sa forme moderne. L’enjeu est de montrer ce que cette expérience eschatologique permet de discerner comme force d’humanisation et menace de déshumanisation au sein des systèmes de distinction et de relation, tels qu’ils se présentent aujourd’hui dans nos sociétés européennes.

Anthropologie et bioéthique : réflexions à partir de Maurice Godelier, « Systèmes de parenté et formes de familles »

Élaborée comme une réflexion de théologie morale à partir de l’article de Maurice Godelier, « Systèmes de parenté et formes de familles », cette contribution souligne d’abord l’apport majeur de l’identification des fonctions universelles structurant les systèmes de parenté. Elle interroge ensuite les trois premières « positions théoriques » (rapport de la sexualité à la société, nécessité de l’intervention d’un tiers pour faire du foetus un enfant, rapport de la famille à la société) pour formuler quelques remarques sur l’articulation entre anthropologie et bioéthique ainsi que sur la régulation des nouvelles possibilités de procréation offertes par les techniques biomédicales.

Systèmes de parenté et des formes de famille

L’histoire humaine dans la diversité de ses systèmes sociaux et culturels n’échappe pas à la pensée « scientifique ». L’enjeu de cet article sera de montrer qu’il existe des approches, des méthodes au sein des sciences sociales, dont l’anthropologie sociale, qui permettent d’éclairer les logiques de fonctionnement des sociétés, ainsi que les modes de pensée des acteurs engagés dans la reproduction et l’évolution de ces sociétés. Les fonctions de la parenté sont universelles, mais elles sont assumées par des personnes différentes, selon les principes qui organisent les systèmes de parenté. Ceux-ci sont en nombre limité. Et en Occident, le système dominant appartient au type de système baptisé par les anthropologues du mot « eskimo ».