L’apostolicité de l’Église. Pour une théologie œcuménique des origines chrétiennes
Tirant profit des recherches historiques rassemblées dans ce numéro et dans celui qui l’a précédé en 2013 (101/4), le dernier article de ce dossier tente d’esquisser une théologie des origines chrétiennes. Cette esquisse suppose que le concept d’apostolicité, relevant traditionnellement du « ius divinum » positif, soit libéré de son carcan néoscolastique et repensé dans une perspective oecuménique ; ce qui pourra se faire par une nouvelle confrontation entre, d’un côté, ce que l’histoire et l’exégèse critique nous apprennent de la normativité interne à l’Église naissante et, de l’autre, ce que les différentes Églises chrétiennes et l’Église catholique attendent de leur rapport aux origines. L’hypothèse consiste à interpréter les marqueurs essentiels de l’apostolicité, pouvant entrer dans un « consensus différencié », non pas comme étant « de droit divin » mais, à l’aide du paradigme grammatical, en termes de « grammaire générative ». Il faut alors montrer que « l’irréversibilité », caractéristique décisive de la Révélation chrétienne, peut être honorée dans une telle interprétation grammaticale de l’apostolicité, mieux ajustée aux développements multiples du christianisme post-apostolique que