Le salut de l’Évangile et les saluts de l’Église

Dans une Église idéale, la sotériologie devrait pouvoir se confondre avec l’ecclésiologie. En effet, quelle autre réalisation du salut peut-on espérer que l’Église ? Autant cette affirmation ravira certains théologiens, autant elle choquera la plupart de nos contemporains, tellement le vécu ecclésial est éloigné, dans la pratique de toutes les communautés, d’une expérience de salut. Cette tension entre sotériologie et ecclésiologie est due au fait qu’une Église « idéale », cela n’existe pas dans l’histoire ; c’est bien l’histoire qui est l’élément déterminant pour distinguer salut et Église et qui pourrait inspirer le sursaut susceptible de mener à un renouveau.

Le ministère dans et pour la communauté

Au plan œcuménique, quelles sont les difficultés en théologie du ministère, ordonné plus spécifiquement, au sein et au service de la communauté ? Pour recenser et analyser consensus et divergences, l’étude explore trois types de dialogue particulièrement significatifs : (I) un dialogue multilatéral de Foi et Constitution du COE, le BEM (Baptême, Eucharistie, Ministère, 1982) ; (II) un dialogue bilatéral international de la Commission luthéro-catholique sur L’Apostolicité de l’Église (2006) ; (III) le dialogue bilatéral non officiel du Groupe des Dombes, aboutissant en 1972 à l’accord audacieux Pour une réconciliation des ministères.

La réception de la sagesse dans la sophiologie russe

La Sophia n’a jamais été pleinement et correctement reçue dans la pensée orthodoxe. Après l’exploration brève de son développement du point de vue de la relation Dieu-monde, à travers la pensée des grandes figures de la philosophie religieuse russe, à savoir Soloviev, Florensky et le plus influents parmi eux, Boulgakov, et une évaluation critique de sa réception historique au XXe siècle par la théologie chrétienne (orthodoxe incluse), l’article propose une discussion préliminaire sur sa pertinence possible dans le dialogue à mener entre l’Église et la modernité.

Théologie et manifestations de la synodalité : un défi permanent pour l’Église

Depuis ses origines, l’Église a vécu et s’est structurée de manière synodale, comme le montre l’expérience du premier millénaire. La doctrine russe de la sobornost a rappelé la dimension organique et synodale de la vie ecclésiale. L’ecclésiologie eucharistique permet de comprendre que cette synodalité fait partie de la nature de l’Église, s’enracinant dans le mystère de la Sainte Trinité. En outre, la synodalité va toujours de pair avec la primauté et réciproquement, à tous les niveaux de la vie ecclésiale : locale, régionale et universelle.

L’arrivée des penseurs orthodoxes en Europe occidentale à la suite de la révolution d’Octobre

Cet article fait le récit de quelques débats qui agitèrent l’intelligentsia russe au cours de la Première Guerre mondiale puis présente l’un des principaux fruits du renouveau de la pensée chrétienne orthodoxe post-moderne, à savoir la redécouverte de l’icône et l’invention de l’art concret. Vladimir Ern et Nicolas Berdiaev, Vassily Kandinsky, et Serge Boulgakov, des intellectuels passés par le marxisme et le nietzschéisme avant de retrouver la foi chrétienne, furent les principaux protagonistes de cette prise de conscience de la fin de la Modernité et de l’avènement d’un « nouveau Moyen-Âge ». Leur influence sur la pensée occidentale fut considérable.