Le Repas du Seigneur dans le Nouveau Testament

Il nous faut prendre acte que nous ne savons que très peu de chose sur la phase formative de la célébration eucharistique et qu’il existe une pluralité de formes d’expression et d’interprétations de son sens plein dans l’Église. Or, face à la pluralité foisonnante des liturgies eucharistiques chrétiennes actuelles, la présente étude se propose de rassembler quelques éléments importants pour entrevoir les facteurs fondamentaux et générateurs d’identité de la pratique du Repas du Seigneur, tout en en montrant la légitime diversité. Ainsi, elle abordera la question des racines historiques du Repas du Seigneur afin de porter un regard sur les éléments fondamentaux de cette pratique des repas après Pâques et d’ interroger les possibles constantes de la conception du Repas du Seigneur chez les premiers chrétiens.

Le dialogue luthéro-catholique sur l’eucharistie et la question de la communion eucharistique

Face aux multiples controverses relatives à l’eucharistie, l’article propose d’en revenir tout d’abord à celle qui prévalait aux débuts, au XVIe siècle, avec la prise de position de Martin Luther et la réaction du concile de Trente, en y abordant notamment la question de la présence réelle du Christ dans l’eucharistie et la notion de sacrifice. Il présente ensuite les divers dialogues œcuméniques et les progrès qu’ils ont apportés, en particulier le document « Le Repas du Seigneur » et les études du groupe de travail œcuménique allemand de théologiens protestants et catholiques « Le sacrifice de Jésus-Christ et sa présence dans l’Église », ainsi que « Les anathèmes du XVIe siècle sont-ils encore actuels ? Il décrit enfin des propositions récentes, suggérant d’avancer encore plus dans la ligne d’un document élaboré par trois instituts de recherches œcuméniques, intitulé «Le partage eucharistique entre les Églises est possible : Thèses sur l’hospitalité eucharistique».

« La table du Seigneur ». L’eucharistie pour le christianisme qui nous attend

Le renouvellement de la façon concrète de célébrer l’eucharistie, dont un besoin urgent se fait largement sentir aujourd’hui, pourra se réaliser dans la mesure où l’on reviendra à l’évangile, afin d’y vérifier nos concepts, d’y juger nos pratiques pour les rendre vivantes. La voie pour renouveler la pratique eucharistique sera de poursuivre sans crainte le chemin de conversion évangélique commencée avec la réforme liturgique du concile Vatican II. Esquisser un style d’eucharistie pour le christianisme qui nous attend, signifie retrouver une vérité réellement chrétienne, car véritablement évangélique, une vérité que la théologie eucharistique ainsi que la pratique liturgique sont aujourd’hui appelées à redécouvrir et à s’approprier : cette vérité est contenue dans l’expression paulinienne « la table du Seigneur » (1 Co 10, 21). La communauté chrétienne est une communauté de table.

La providence, plan infaillible ou désir agissant ? Pour approfondir le débat

Devant la difficulté de penser conjointement la liberté humaine et la souveraineté de Dieu à l’oeuvre dans sa providence, le théologien court le risque de négliger soit la recherche de clarté intellectuelle, soit l’inclination devant le mystère. Puisqu’une intense activité spéculative a soutenu les récentes mises en cause de la conception traditionnelle de la providence, on peut envisager que l’acceptation des paradoxes et obscurités qu’implique la reconnaissance du mystère de Dieu se soit trouvée négligée par certains, sinon par hubris intellectuelle ou avec de véritables « projets de délestage, tout au moins par une forme de cécité sélective. […]

Bulletin de théologie patristique grecque (107/1-2019)

Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris I. Les IIe – IIIe siècles 1. Premiers écrits chrétiens. Édition publiée sous la direction de Bernard Pouderon, Jean-Marie Salamito et Vincent Zarini, Gallimard, Paris, 2016, 1579 p. 2. Gilliam III Paul R., Ignatius of Antioch and the Arian Controversy, SVigChr 140, Brill, Leiden/Boston, 2017, 258 p. 3. Henne Philippe, Clément d’Alexandrie, Éd. du Cerf, Paris, 2016, 363 p. 4. Clement’s Biblical Exegesis. Proceedings of the Second Colloquium on Clement of Alexandria (Olomouc, May 29-31, 2014), edited by Veronika Černušková, Judith L. Kovacs and Jana Plátová, SVigChr 139, Brill, Leiden/Boston, 2017, 385 p. 5. Arnold Johannes, Der wahre Logos des Kelsos. Eine Strukturanalyse, JbAC.E 39, Aschendorff, Münster, 2016, 627 p. 6. Origenes Werke XIII. Die neuen Psalmenhomilien. Die kritische Edition des Codex Monacensis Graecus 314. Herausgegeben von Lorenzo Perrone in Zusammenarbeit mit Marina Molin Pradel, Emanuel Prinzivalli und Antonio Cacciari, GCS, De Gruyter, Berlin/München/Boston, 2015, 641 p. 7. Origen, On First Principles. Edited and Translated by John Behr, OECT, OUP, 2 vols, 2017, 664 p. 8. Galluccio Gennaro Antonio

Repenser la Providence sans perdre Dieu dans l’opération. Un exercice de discernement sous l’horizon du Credo

À l’écoute de suggestions actuelles pour repenser la Providence, en affinité avec l’Open Theism, cet article mène un exercice de discernement puis de reconstruction. L’examen critique porte sur trois remaniements sensibles : un transfert inaperçu de souveraineté de Dieu vers l’être humain, une autodétermination de Dieu à se laisser déterminer par ses créatures libres, une suspension de l’omniscience divine au bénéfice supposé de la liberté humaine. De tels déplacements sont mesurés à leurs lourdes conséquences. La reconstruction revisite l’affrontement des images de Dieu, païennes ou chrétienne ; puis considère les rapports étonnants entre nécessités et libertés selon l’évangile de Luc. Cela conduit à reformuler l’essentiel de la foi en la Providence suivant les trois articles du Credo, en termes de souveraineté, mystère pascal et synergie.

La connaissance humaine du Christ. Exégèse, théologie contemporaine et Thomas d’Aquin

Après avoir présenté trois principes fondamentaux en christologie, nous appliquerons à la connaissance humaine du Christ la déclaration du concile de Chalcédoine selon laquelle ses deux natures, divine et humaine, ne doivent être ni confondues ni séparées. Nous considérerons l’apport de divers exégètes et théologiens comme Balthasar, Rahner et Pannenberg, et nous offrirons une reprise critique de la position de Thomas d’Aquin, en modifiant sa compréhension des trois genres de connaissance qu’il distingue en Jésus : vision béatifique, connaissance infuse et connaissance acquise.

La substitution pénale. De Luther à Bossuet

Le hasard n’est pas étranger au constat d’un recours de Luther et de Bossuet à des références scripturaires sensiblement identiques, en particulier Ga 3, 13, pour justifier et illustrer l’universalité et la variété des péchés endossés par le Christ chargé de les expier, à titre de substitut pénal. Mais alors que Luther lie cette thèse à celle de la justification par la foi et voit dans le Christ le lieu d’un combat entre son innocence victorieuse et le péché assumé, Bossuet, prédicateur, se plaît à charger le Christ des souffrances les plus atroces par lesquelles le Père se venge de nos fautes assumées par lui. Quel crédit accorder au thème de la substitution pénale ? Il appelle bien des réserves à adapter à chacun de ces deux modèles. Serait-il à ranger dans le domaine des dérives d’une certaine théologie périmée ? Le renouveau qu’il a connu, parrainé par des théologiens contemporains de renom, ne lève pas son ambiguïté : le Christ ayant agi à notre place, serions-nous dispensés de coopérer ?

Michel de Certeau, Henri de Lubac : une correspondance

CELLAM – Université de Rennes 2 À Henri de Lubac, Michel de Certeau a pu écrire qu’il lui devait sa vocation jésuite et, encore en 1983, « ce qu’il y a de plus essentiel ». Leur correspondance (qui ne nous est connue que par ses lettres) révèle une relation qu’il qualifie de « filiale et fraternelle ». Importante surtout dans les années 1960 – quand il exerce des responsabilités à Christus et se fait l’historien de la spiritualité de la Compagnie à l’époque moderne –, elle s’interrompt ensuite presque complètement ; aussi faisons-nous appel à une autre source, dans une dernière partie de notre étude, pour tenter d’éclairer cette quasi rupture : les lettres entre Lubac et Henri Bouillard.

Bulletin de patristique latine (106-4/2018)

Université Lumière-Lyon 2 (émérite) – Istituto Patristico « Augustinianum », Rome (invité) – Pontificia Academia Latinitatis Le dernier Bulletin de Patristique latine publié dans cette Revue date de 2014. Il avait été rédigé par Martine Dulaey. Martine Dulaey s’étant retirée, les responsables de la Revue m’ont demandé de reprendre le flambeau. Dans ce coup d’essai, je me contenterai de proposer, grosso modo, des analyses en deux directions : – Je recenserai d’abord des instruments de travail, c’est-à-dire surtout des éditions critiques, qu’elles soient accompagnées ou non d’un apparat de notes explicatives (historiques, littéraires et philologiques, théologiques) et d’une traduction (française le plus souvent, car c’est dans un périodique francophone que j’écris – et si celui-ci est ouvert à un lectorat international, c’est un impératif, j’en ai la conviction, que de faire valoir les publications dans ce qui doit demeurer une langue scientifique, malgré toutes les pressions).  – Je signalerai des études qui renouvellent telle ou telle question doctrinale ou historique – ou au contraire, mais aussi sobrement que possible, et au besoin en renvoyant pour plus de détails à des