Hélène
ÉVÉNEMENT ET TRANSCENDANCE
L’article discute la thèse d’après laquelle l’insistance sur le caractère événementiel de tout ce qui est, est la clé des développements les plus récents de la phénoménologie française. L’auteur distingue et explique trois concepts différents d’événement sous-jacents aux discours ontologique, sémiotique et théologique, explicitant le caractère événementiel de l’être, du sens et de l’existence. Aucun de ces concepts ne se laisse réduire à un ou aux deux autres. Les discours philosophiques et théologiques sur l’événement obéissent à des grammaires différentes.
CE QUE L’ÉVÉNEMENT DONNE À PENSER
Penser l’événement nous confronte à une tâche analogue à celle que Paul Ricœur affrontait dans son célèbre article : « Le symbole donne à penser ». Ce qu’il s’agit d’articuler, c’est une pensée donnée à elle-même par autre chose qu’elle et une pensée pensante et posante. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, on assiste à une montée en puissance des pensées de l’événement, dont l’article restitue quelques maillons essentiels en référence aux travaux de D. Davidson, J.-L. Marion, C. Romano, M. Heidegger et A. Badiou. Les distinctions linguistiques qui permettent de cerner l’empire varié des événements doivent, tôt au tard, laisser place à l’analyse de la phénoménalité propre aux événements, ce qui nous oblige à scruter leur statut ontologique.
Événement, événementialité, traces
Cet article revisite un certain nombre de textes traitant du prétendu « retour de l’événement », annoncé au début des années 70. Il le fait depuis un point de vue : celui de l’histoire des écrits à l’époque moderne. C’est pourquoi il insiste sur le rapport entre perception, construction, transmission de l’événement et historicité de ses traces.
L’événement contesté
Maître dans l’art du raconter, l’auteur à Théophile se propose, dans la préface à son diptyque Luc-Actes, de composer une diégèse des « événements accomplis parmi nous » (cf. Lc 1, 1-4). Un récit à la fois catéchétique et apologétique dont le lecteur attend qu’il rende compte des hauts-faits de l’histoire sainte advenus au cours des deux premières générations chrétiennes : l’avènement du salut dans la venue du Messie davidique ainsi que son extension à l’humanité entière à la faveur du témoignage apostolique. Si ces deux facettes des πράγματα, respectivement de l’ἔργον, réalisé(s) par Dieu figurent en bonne place dans la chronique lucanienne des origines chrétiennes, elles côtoient en même temps une dimension aussi inattendue que paradoxale : la contestation de cet événement salutaire. C’est cette composante méconnue, mais constitutive du récit fondateur de Luc que l’article se propose de mettre au jour et d’explorer.
Repenser l’événement – sous un angle théologique
Conçu comme un essai, le présent article se donne pour tâche de relire les débats qui ont animé la réflexion sur la catégorie d’événement dans l’histoire récente de la théologie, notamment protestante. Il tente d’en dégager des perspectives pour une reprise actuelle de la catégorie. À partir des travaux herméneutiques d’Ebeling et de Ricœur, il s’inspire de la notion d’événement de parole pour libérer l’événement d’une pure et simple ponctualité, qu’on lui a toujours reprochée, et y découvrir une dimension de procès, susceptible d’être explicitée par la pragmatique de la communication.
À lire le prologue de l’évangile de Luc
» À lire le prologue de l’évangile de Luc (Lc 1,1), on se convainc aisément de ce que les « événements » sont l’élément le plus propre des Écritures juives et chrétiennes et ce qui les a suscitées.
Bulletin de théologie systématique (2) 2014
Liste des ouvrages recensés : IV. Question de Dieu 41. Jean Greisch, Du « non-autre » au « tout autre ». Dieu et l’absolu dans les théologies philosophiques de la modernité, Collection de métaphysique, Chaire Étienne Gilson, PUF, Paris, 2012, 377 p. 42. Michel Yvon Brun, Dieu, encore ? Jalons pour une théologie négative contemporaine, « Voix psychanalytique », Liber, Montréal, 2012, 250 p. 43. Lionel Obadia, La marchandisation de Dieu. L’économie religieuse, CNRS Éd., Paris, 2013, 249 p. 44. Philippe Capelle-Dumont (dir.), Philosophie et Théologie à l’époque moderne. Anthologie, tome III (vol. dirigé par Jean-Christophe Bardout), Le Cerf, Paris, 2010, 492 p. 45. Philippe Capelle-Dumont (dir.), Philosophie et Théologie à l’époque contemporaine. Anthologie, tome IV/1. De Charles S. Peirce à Walter Benjamin (vol. dirigé par Jean Greisch et Geneviève Hébert), Le Cerf, Paris, 2011, 407 p. 46. Philippe Capelle-Dumont (dir.), Philosophie et Théologie à l’époque contemporaine. Anthologie, tome IV/2. De Henri de Lubac à Eberhard Jüngel (vol. dirigé par Jean Greisch et Geneviève Hébert), Le Cerf, Paris, 2011, 333 p.
Bulletin de philosophie 2014
Liste des ouvrages recensés : 1. Jean Grondin, Du sens des choses. L’idée de la métaphysique, « Chaire Étienne Gilson », PUF, Paris, 2013, 177 p. 2. Jean-Luc Marion, Certitudes négatives, « Figures », Grasset, Paris, 2010, 324 p. 3. Rémi Brague, Le propre de l’homme. Sur une légitimité menacée, « Bibliothèque des savoirs », Flammarion, Paris, 2013, 258 p. 4. Isabelle Bochet (éd.), Paul Ricoeur, Mal et pardon, avec un inédit de Paul Ricoeur, avant-propos d’Olivier Abel, Éds. des Facultés jésuites de Paris, Paris, 2013, 214 p. 5. Paul Ricœur, Anthropologie philosophique. Écrits et conférences 3, édité par Johann Michel et Jérôme Porée, éd. du Seuil, Paris, 2013, 465 p. 6. Pierre Colin, Gabriel Marcel, philosophe de l’espérance, « La nuit surveillée », Le Cerf, Paris, 2009, 126 p. 7. Catherine Chalier, Présence de l’espoir, éd. du Seuil, Paris, 2013, 197 p. 8. Emmanuel Falque, Passer le Rubicon. Philosophie et théologie. Essai sur les frontières, Lessius, Louvain, 2013, 208 p. > Lire la suite du Bulletin sur Cairn