Faut-il une conversion écologique de l’agir politique ?

Pour répondre aux défis de la transition écologique, il faut une transformation profonde de l’agir politique. Mais le terme de conversion est-il adéquat pour décrire cette transformation ? Les appels des prophètes à la conversion politique peuvent nous inspirer, à condition de les transposer de manière analogique au contexte moderne. La conversion peut alors être comprise comme la réorientation de l’agir politique lorsqu’il n’est plus aligné avec le bien commun.

Penser globalement, agir localement : une maxime pour l’écologie politique ?

« Penser globalement, agir localement » ? Bien trouvée dans les années 1970 alors que la crise environnementale prenait une ampleur planétaire, la formule a perdu peu à peu de sa pertinence. Certes le global a pris de plus en plus d’importance, c’est au niveau global que se sont concertés les scientifiques et réunis les politiques. Mais outre qu’elle a révélé ses limites (elle lance l’alerte mais ne permet pas d’agir) cette globalisation extrême a occulté les actions locales, les faisant paraître négligeables. Elles existent pourtant, multiples, vivaces, inventives. Pour dépasser la scission entre une globalité terrifiante et des localismes éparpillés, il faut réinterroger les notions de global et de local. Il ne s’agit pas tant d’opposer le global et le local que de distinguer deux types de globalisation.  L’une qui homogénéise la diversité des données dans une globalité préexistante héritée de l’espace et du temps galiléo-newtoniens. L’autre, que l’on peut nommer mondialisation, qui correspond à l’ensemble des processus par lesquels les vivants,

Relier le cri des pauvres et le cri de la terre : vers quels chantiers théologiques et quelles pratiques ecclésiales ?

Relier le cri des pauvres et le cri de la terre ouvre de nouveaux chantiers théologiques et pratiques. L’article développe trois d’entre eux. Les recherches en éco-théologie de la libération montrent que la Bible peut fournir un imaginaire utopico-critique capable de transformer nos imaginaires idéologiques et nos pratiques dominatrices. L’examen de notre rapport au temps indique une désynchronisation avec le temps de la nature et le temps des pauvres qui appelle à un regard vers l’histoire du salut et la pratique du sabbat. Enfin la crise actuelle appelle à développer de nouvelles attitudes intérieures et en particulier la vertu d’espérance dont les pauvres sont des maîtres.

L’écologisme entre science et religion ?

L’écologie politique est accusée à la fois de scientisme et de religiosité, c’est l’une des raisons pour lesquelles le courant est fréquemment considéré comme antimoderne et dangereux. Cet article entend clarifier les termes de la controverse et dans ce but revenir sur les rapports entre science et religion, en politique, notamment revisiter le concept de religion séculière. Avec l’aide d’A.N. Whitehead nous montrons que le possible est à la fois l’une des catégories les plus centrales du politique, et celle où tend à s’effacer la différence entre les affirmations relevant de la science et celles impliquant une certaine définition de la religion.

Les Ateliers Où Atterrir ?

Cette communication revient sur la genèse du projet des Ateliers Où atterrir ? qui est à chercher dans la pensée et les intuitions du philosophe et sociologue Bruno Latour. Elle présente concrètement ces Ateliers, un parcours d’exercices. S’appuyant sur une relecture anthropologique de l’expérience, les auteures précisent le type de transformation recherché : une conversion appelée « atterrissage » qui interroge tout à la fois le lien des collectifs chrétiens à leurs territoires et ces territoires eux-mêmes, redéfinis dans l’expérience.

Quelle rationalité pour quelle conversion écologique ?

La conversion écologique suppose de choisir – plutôt que subir – un bouleversement des habitudes et des modes de vie et de multiples transformations institutionnelles, afin de créer les conditions de sociétés moins inhospitalières aujourd’hui et demain. Entendue comme un cheminement intérieur et pratique, transdisciplinaire et holistique, individuel et collectif, elle appelle à de profondes révisions de nos manières de penser et d’agir, à toutes les échelles. L’approche épistémologique des six portes du Manuel de la Grande Transition, conçu dans le cadre de l’expérience vécue au Campus de la Transition, est présentée.

Nos traditions théologiques revisitées pour faire face au défi écologique

 « Elle passe, la figure de ce monde ». C’est ainsi que l’apôtre Paul mettait en garde il y a deux millénaires. Le présent exposé examinera, parmi les sources de la tradition, celles qui, au lieu de déplorer une stabilité perdue, considèrent plutôt le cycle de genesis et de phthora, de venue à l’existence et de disparition, comme le processus par lequel Dieu amène l’ensemble de la création au résultat final prévu dès le commencement. Nous allons voir qu’il faut pour cela prendre au sérieux la proclamation de l’Évangile selon lequel la vie advient par la mort, un don qui, à son tour, libère la création afin qu’elle fleurisse d’une manière que nous ne pouvons même pas imaginer.

Écologie intégrale, comment la crise écologique conduit à des transformations de la pratique de la théologie

La question théologique sur l’écologie surgit en France en 1962 avec la thèse de Gérard Siegwalt en milieu protestant. Elle devient plus brûlante aux États-Unis en 1967 avec les premières réponses adressées aux critiques de Lynn White Jr dans son article sur les causes historiques de la crise écologique. Alors que la question écologique est introduite plus tard en milieu catholique par la médiation de la doctrine sociale de l’Église et donc sous l’angle de la théologie morale, il se passe plusieurs mouvements en théologie chrétienne qui invitent à penser les modalités des relations possibles entre théologie et écologie sous la forme d’une théologie de l’écologie ou écothéologie. Dans le contexte de l’écologie intégrale et de l’annonce de la Bonne nouvelle de la création selon l’encyclique Laudato si’, les critiques de White appellent notamment à remettre sur le métier la production des représentations de la nature fournies par le discours théologique sur la création issue de la Révélation. Or ces

Une anthropologie des relations

La conversion écologique à laquelle nous invite l’encyclique Laudato si’ constitue un véritable changement de paradigme qui place la relation au cœur de l’existence : une invitation à concevoir la relation non pas comme un moyen pour vivre, mais comme la vie elle-même. Ce changement suppose une « dés-instrumentalisation » et une « endogénéisation » de la relation. Cette démarche sera esquissée à l’aide de trois approches qui seront mises en dialogue : celle sous-jacente dans la conversion écologique, celle associée à la valeur économique, et celle véhiculée par la mésologie. En guise de conclusion, l’expérience pratique du label Église verte servira pour illustrer une démarche de conversion écologique fondée dans la dimension relationnelle de la vie.