La leçon toujours actuelle d’Henri Bouillard
Dans une période particulièrement troublée de la vie intellectuelle de l’Église catholique, Henri Bouillard fut à proprement parler un passeur, ouvrant des voies nouvelles dont nous sommes toujours les héritiers. Dans ce parcours très complexe qui a duré près de quarante ans, on peut repérer trois passages dont nous n’avons pas fini de mesurer la portée. Il y a d’abord la volonté de dépasser un anti-modernisme catholique hanté par l’objectivité de la vérité révélée et soucieux de dénoncer le subjectivisme des théologiens s’efforçant de prendre au sérieux l’expérience du sujet croyant. C’est ici le rapport entre vérité et histoire qui est touché. Il y a ensuite un deuxième passage dont la théologie catholique du XXe siècle lui est redevable, c’est le remplacement de l’Apologétique comme science objective par une vraie théologie fondamentale. Il y a enfin un dernier passage, souvent moins relevé mais d’une grande actualité pour notre théologie contemporaine : celui d’une théologie naturelle – ou mieux d’une théologie philosophique