Actes du Colloque (II) PENSER LA DIFFÉRENCE à paraître…

Au sommaire du prochain numéro des RSR, les conférences de Maurice Godelier et Christoph Theobald, la conclusion d’Eric Gaziaux et, en supplément, une réponse de Bruno Saintôt à Maurice Godelier… Les Bulletins d’Ancien Testament : Livres historiques et Écrits de Philippe Abadie et Prophètes de Pierre de Martin de Viviès. Le Bulletin d’Histoire de l’exégèse de Pierre Gibert.

Événement, événementialité, traces

Cet article revisite un certain nombre de textes traitant du prétendu « retour de l’événement », annoncé au début des années 70. Il le fait depuis un point de vue : celui de l’histoire des écrits à l’époque moderne. C’est pourquoi il insiste sur le rapport entre perception, construction, transmission de l’événement et historicité de ses traces.

À PROPOS du premier numéro de 2014 « Repenser l’événement »

À lire le prologue de l’évangile de Luc (Lc 1,1), on se convainc aisément de ce que les « événements » sont l’élément le plus propre des Écritures juives et chrétiennes et ce qui les a suscitées. Ils sont pourtant restés, des siècles durant, dans l’oubli, recouverts par la Parole ou intégrés d’emblée dans une conception du  monde qui ne connaît pas d’événements nouveaux mais des actualisations de possibilités prévues ou annoncées. Or, le XXe siècle a vu subitement émerger les événements ; et au singulier, sous la forme du lexique, plutôt luthérien, d’« événement-Parole » (Wortereignis), ou sous la forme d’« événement-Christ » (Christusereignis), de coloration plutôt catholique. Le concile Vatican II, dans la constitution Dei verbum, a pour sa part insisté sur le lien intrinsèque entre « événements et paroles », tout en réactivant le singulier patristique de l’« économie de la révélation », et non sans courir le risque que ce qui était perçu de manière nouvelle soit ici rabattu sur du déjà connu. Cinq auteurs ont accepté de relever le

Revisiter les origines chrétiennes

Les recherches historiques et exégétiques des trois dernières décennies sur les origines chrétiennes ont conduit à renouveler la question du « Jésus historique » et ont contribué simultanément à transformer l’image du christianisme primitif. Après s’être interrogées sur la possibilité de faire une théologie de la vie de Jésus (RSR 98/4 et 99/1), les Recherches de Science Religieuse voudraient traiter de la « période fondatrice » de l’Église, l’autre versant de la question des origines chrétiennes. Un des problèmes majeurs de cette reconsidération est la mise en question de la notion théologique (forgée au XIXe siècle par l’École Romaine) de la « mort du dernier apôtre » comme “marqueur” de la clôture de la Révélation. Même la date de 135 n’apparaît plus comme significative du détachement de la matrice juive, le synchronisme entre le débat sur le marcionisme et l’insurrection de Bar Kochba étant artificiel. C’est plutôt un comput par générations qui s’impose aujourd’hui, la génération d’Irénée étant la dernière qui ait reçu une transmission orale de la prédication de

La diffusion du christianisme aux Ier – IIIe siècles

L’histoire des réseaux, champ de recherche récent, apparaît opérante pour étudier la christianisation du fait de l’importance du phénomène associatif dans l’Antiquité. L’approche croisée des textes chrétiens et de la documentation extérieure (textes, inscriptions, papyrus, archéologie) met en évidence le rayonnement de pôles vers la périphérie. La mission apostolique a utilisé des réseaux préexistants d’hospitalité et de clientèle, mais se sont mis rapidement en place des réseaux spécifiquement chrétiens – hospitaliers, financiers, épistolaires – sur lesquels s’est construite l’unité de l’Église. Les évêques ont été des hommes de réseaux et ont fini par construire un réseau épiscopal. Cette évangélisation en interaction avec la société profane a créé une dynamique identitaire en obligeant les Églises à construire leurs marges.

Modes de vie et figures de l’existence chrétienne de la fin du Ier siècle au début du IIIe siècle

Diverses voies aident sans nul doute à saisir comment l’identité chrétienne a été comprise dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, mais elles ne sauraient dispenser d’une attention aux manières de vivre qui furent celles des chrétiens, ainsi qu’aux prises de position dont celles-ci firent l’objet durant la période ici considérée. Après avoir rappelé comment les auteurs païens se représentaient les comportements des chrétiens, l’article montre comment ceux-ci ont pu affirmer une exigence de radicale conversion tout en revendiquant une authentique présence aux cités de leur temps et à partir de là, comment s’éclairent les deux formes de vie que sont le mariage et le célibat pour le Royaume.