Église et Églises : réflexion sur les questions d’autorité dans les communautés chrétiennes au IIe siècle

La conviction d’appartenir à une Église unique, catholique puisque universelle, contribua à forger l’identité chrétienne de petites communautés dispersées, en butte à l’incompréhension de leurs contemporains, mais ne put se dissocier de la revendication, au coeur de ces mêmes communautés, d’un attachement à l’identité locale. Comme l’Empire, dont elle adopte en grande part les structures, l’Église tire sa force de son enracinement dans la cité. En conséquence, le nom de chrétien fut, tout au long du IIe siècle, revendiqué par des individus issus de communautés dont les pratiques liturgiques, la structure de leur clergé, voire leurs textes canoniques et leur profession de foi les distinguaient – ou les opposaient. L’histoire de l’Église au II e siècle est l’histoire de cette expansion du christianisme, de la multiplication de ces communautés, et de la construction d’une identité commune.

Bulletin d’Histoire de l’exégèse

Pour des raisons indépendantes de notre volonté, c’est avec un retard considérable que paraît ce Bulletin d’histoire de l’exégèse. Tenant à garder une certaine actualité selon le rythme biennal, nous avons donné priorité aux publications des trois dernières années de façon à respecter et retrouver un rythme normal. Cependant, pour ne pas ignorer totalement des ouvrages dont il aurait fallu avant ces années avoir déjà rendu compte, nous nous permettrons de les évoquer et de les situer dans leurs apports afin d’assurer une certaine continuité. I. Texte biblique et Canon 1. Abadie Philippe, Des héros peu ordinaires. Théologie et histoire dans le livre des Juges, « Lectio divina », Cerf, Paris, 2011, 198 p. 2. Olivier-Thomas Venard, o.p (éd.), Le sens littéral des Écritures, École biblique et archéologique française de Jérusalem, « Lectio divina », Cerf, Paris, 2009, 362 p. 3. McDonald Lee Martin, The Biblical Canon. Its Origin, Transmission, and Authority, Hendrickson Publischers, Peabody, Massachusetts, 2007, 546 p. II. Commentateurs 4. Skupien Dekens Carine, Traduire

Les « savoirs du religieux » dans la France du XXe

Les « savoirs du religieux » dans la France du XXe siècle. Trois moments d’une histoire intellectuelle de la sécularisation L’expression « savoirs du religieux » désigne à la fois ce que savent ou croient savoir du religieux les sciences et ce que savent ou croient savoir du monde et d’elles-mêmes les religions. Les savoirs du religieux dessinent le lieu d’un écart et d’un échange, dont l’histoire éclairerait le devenir des rapports entre l’intelligence et la foi à l’époque contemporaine. Le propos de l’article s’organise autour de trois « moments » analogues : le « moment moderniste », le « moment progressiste » et le « moment 68 » et pour chacun d’eux, l’auteur retrace le contexte dans lequel on peut le comprendre et quelques-uns des enjeux qui le structurent.

Bulletin de Théologie morale (101/2 – 2013)

Depuis que notre équipe a repris ce bulletin bibliographique en théologie morale, nous avons à cœur de mettre en valeur les nouveaux intérêts qui marquent la recherche contemporaine. Cette fois-ci, nous ouvrons notre livraison des ouvrages recensés à une nouvelle thématique, celle de la vulnérabilité et de l’éthique de l’hospitalité et du prendre soin (III). On notera comme dans nos bulletins précédents le souci qu’ont les moralistes de faire l’histoire de leur discipline (I) et d’explorer de nouvelles méthodes pour honorer son objet (II). I. L’histoire de la morale 1. Gay Jean-Pascal, Morales en conflit. Théologie et polémique au Grand siècle (1640-1700), Cerf, Paris, 2011, 984 p. 2. Keenan James F., A History of Catholic Moral Theology in the Twentieth Century. From Confessing Sins to Liberating Consciences, Continuum International Publishing Group, New York, 2010, 248 p. 3. Demmer Klaus, Living the Truth : A Theory of Action, « Moral Traditions Series », Georgetown University Press, Washington D.C., 2010, 164 p. 4. Lemoine Laurent, Psychanalyse

Qohéleth et le Sutra du diamant, sagesses biblique et bouddhique

Dans la Bible et le bouddhisme Mahāyāna, du Grand Véhicule, la littérature dite sapientielle occupe une place déterminante, tant en raison de son volume que de sa vivifiante signification pour l’ensemble de chacune de ces traditions. Cet essai cherche à comparer ces deux types de littérature à partir d’un ancrage textuel précis dans chacune d’entre elles : le Sūtra du diamant pour le bouddhisme Mahāyāna, et l’Ecclésiaste ou livre de Qohéleth pour la Bible. L’auteur invite à une rencontre en vérité des traditions bouddhiste et judéo-chrétienne, qui exige de prendre le risque de comparer deux de leurs textes fondateurs.

Le mystère d’Israël dans l’oeuvre de Jacques Maritain

Le 28 octobre 1965, Paul VI promulguait la déclaration conciliaire Nostra aetate, traitant du rapport de l’Église catholique avec les religions non-chrétiennes. Au paragraphe 4 intitulé « de la religion juive », le Magistère de l’Église catholique se prononce pour la première fois sur le lien qui l’unit au peuple de la première Alliance, rompant ainsi avec l’antique enseignement sur les Juifs déicides et rejetés par Dieu. Jacques Maritain peut être considéré comme un pionnier du nouveau discours chrétien sur les Juifs, qu’il développa dans le contexte d’une France rongée par l’antisémitisme et la montée du nazisme. En analysant la pensée de Maritain sur ce qu’il appelait le mystère d’Israël, l’auteure nous montre en quoi celui-ci s’inscrit et prépare le document conciliaire mais aussi quelles pistes sont encore à exploiter par la théologie.