Pourquoi l’Église dans la Ville ?

L’Église est née dans les villes de l’antiquité. Elle mit bien du temps à pénétrer le milieu rural et ce qui était un obstacle à l’évangélisation devint plus tard un avantage, participant au maintien de la religion chrétienne. L’histoire montre que la question urbaine interroge l’Église sur la placequ’elle doit avoir dans cette société urbaine afin de pouvoir y remplir sa mission. En ces temps où le besoin se fait clairement sentir d’un nouvel élan missionnaire, l’événement urbain lui-même doit être lu comme signe des temps, étape de l’humanité dans l’Économie divine du salut.

La dimension ecclésiale de la foi aujourd’hui

La dimension « ecclésiale » de la foi catholique ne parvient pas à s’inscrire dans l’état présent de la culture postmoderne sous une forme communautaire crédible. Si nous vivons le temps d’une « exculturation du catholicisme » cela peut se dire « Nous n’avons pas l’Église qu’il nous faut ». On pourra aussi dire « L’Église doit changer pour faire face au tournant civilisationnel dans lequel elle se trouve prise avec l’ensemble de l’humanité ». N’est-ce pas faute de trouver son point d’application dans la vie sociale de nos contemporains, que notre catholicisme se trouve en quelque sorte « flottant » ?

Les Actes du Colloque (I) : Penser la différence dans la crise culturelle de l’Europe

En décembre 2011, notre Conseil de rédaction décidait de traiter, lors du 24e colloque des Recherches de Science Religieuse, de la thématique anthropologique de la différence, et plus précisément, de ce qui ébranle aujourd’hui sa compréhension. On ne s’attendait pas alors à la tempête médiatique et politique que déchaînerait, l’année suivante, le débat sur le fameux « mariage pour tous ». > Consulter l’ensemble du numéro

ÉVÉNEMENT ET TRANSCENDANCE

L’article discute la thèse d’après laquelle l’insistance sur le caractère événementiel de tout ce qui est, est la clé des développements les plus récents de la phénoménologie française. L’auteur distingue et explique trois concepts différents d’événement sous-jacents aux discours ontologique, sémiotique et théologique, explicitant le caractère événementiel de l’être, du sens et de l’existence. Aucun de ces concepts ne se laisse réduire à un ou aux deux autres. Les discours philosophiques et théologiques sur l’événement obéissent à des grammaires différentes.

CE QUE L’ÉVÉNEMENT DONNE À PENSER

Penser l’événement nous confronte à une tâche analogue à celle que Paul Ricœur affrontait dans son célèbre article : « Le symbole donne à penser ». Ce qu’il s’agit d’articuler, c’est une pensée donnée à elle-même par autre chose qu’elle et une pensée pensante et posante. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, on assiste à une montée en puissance des pensées de l’événement, dont l’article restitue quelques maillons essentiels en référence aux travaux de D. Davidson, J.-L. Marion, C. Romano, M. Heidegger et A. Badiou. Les distinctions linguistiques qui permettent de cerner l’empire varié des événements doivent, tôt au tard, laisser place à l’analyse de la phénoménalité propre aux événements, ce qui nous oblige à scruter leur statut ontologique.

Événement, événementialité, traces

Cet article revisite un certain nombre de textes traitant du prétendu « retour de l’événement », annoncé au début des années 70. Il le fait depuis un point de vue : celui de l’histoire des écrits à l’époque moderne. C’est pourquoi il insiste sur le rapport entre perception, construction, transmission de l’événement et historicité de ses traces.

L’événement contesté

Maître dans l’art du raconter, l’auteur à Théophile se propose, dans la préface à son diptyque Luc-Actes, de composer une diégèse des « événements accomplis parmi nous » (cf. Lc 1, 1-4). Un récit à la fois catéchétique et apologétique dont le lecteur attend qu’il rende compte des hauts-faits de l’histoire sainte advenus au cours des deux premières générations chrétiennes : l’avènement du salut dans la venue du Messie davidique ainsi que son extension à l’humanité entière à la faveur du témoignage apostolique. Si ces deux facettes des πράγματα, respectivement de l’ἔργον, réalisé(s) par Dieu figurent en bonne place dans la chronique lucanienne des origines chrétiennes, elles côtoient en même temps une dimension aussi inattendue que paradoxale : la contestation de cet événement salutaire. C’est cette composante méconnue, mais constitutive du récit fondateur de Luc que l’article se propose de mettre au jour et d’explorer.

Repenser l’événement – sous un angle théologique

Conçu comme un essai, le présent article se donne pour tâche de relire les débats qui ont animé la réflexion sur la catégorie d’événement dans l’histoire récente de la théologie, notamment protestante. Il tente d’en dégager des perspectives pour une reprise actuelle de la catégorie. À partir des travaux herméneutiques d’Ebeling et de Ricœur, il s’inspire de la notion d’événement de parole pour libérer l’événement d’une pure et simple ponctualité, qu’on lui a toujours reprochée, et y découvrir une dimension de procès, susceptible d’être explicitée par la pragmatique de la communication.