Le rapport à Dieu dans la liturgie

Comment s’adresse-t-on à Dieu dans la célébration eucharistique ? Comment la relation à l’humanité envers Dieu et de Dieu envers l’humanité y est-elle qualifiée et interprétée ? Il ne va pas de soi qu’on lise l’Ordo Missae comme une vraie source théologique. Or, la liturgie en tant que doxologie primaire au sens que lui donne Jean-Yves Lacoste dans son dictionnaire de théologie, nous invite à reconsidérer nos théologies usuelles, exercice toujours trop rare. La liturgie invite et incite à reconsidérer notre idée d’orthodoxie : d’abord une juste louange, ensuite l’exactitude doctrinale. L’auteur nous propose cette réflexion selon une méthodologie consistant en une lecture approfondie et une analyse sémantique de l’Ordo Missae dans la plus récente version latine du Missel Romain.

Pouvons-nous nous adresser à Dieu ? Et si oui, que faisons-nous ?

La prière est un phénomène étonnant. Les uns y tiennent de tout cœur, les autres la prennent pour un acte de superstition. L’auteur s’intéresse au mode spécifique de parler qui caractérise la prière. Qui prie, à vrai dire ? Seulement celui qui s’adresse à Dieu, ou – avec lui – aussi celui à qui la prière est adressée ? En s’engageant sur cette piste, des questions diverses, comme celle de la possibilité (ou impossibilité) de la prière, de son exaucement (ou non), de son caractère illusoire (ou non) rencontrent des réponses imprévues. Que faisons-nous avec nos paroles, et nos paroles, que font-elles de nous, quand nous prions ?

L’adresse à Dieu dans la mystique chrétienne

Dans la tradition chrétienne, l’expérience mystique porte « l’Adresse à Dieu » jusqu’à ses extrêmes limites. Les modes de la purification sont pluriels : le dénuement radical dans les spiritualités du désert, la voie de négation – nuit obscure, ou encore l’abandon comme ampleur de l’amour et du service. Ces attitudes extrêmes, repérées en divers moments de l’histoire mais liées entre elles et toujours signifiantes, manifestent des dimensions essentielles à une affirmation de Dieu enracinée dans un acte de la liberté : l’expérience, la nomination, le silence, l’interrogation. Elles en renouvellent le langage.

« Le numéro que vous avez demandé n’est pas attribué »

Pour s’adresser à Dieu, il faut le connaître. Cette thèse qui suppose qu’il faut avoir la maîtrise de l’adresse de la prière peut recevoir quelques objections. Reprenant l’ensemble du dossier et des contributions du colloque, l’article s’interroge sur l’adresse à Dieu comme tout-autre, celui qui est sans adresse connue mais pourtant que l’on peut appeler à l’aide et à qui l’on peut dire « qui est à l’appareil ? » L’adresse à Dieu comme tout-autre renvoie à l’adresse à tout autre, à notre écoute des appels qui nous sont adressés. La paternité de Dieu ne saurait être séparée de la fraternité ou la sororité de celles et ceux qui nous sont proches.

Introduction des Actes du 25e colloque des RSR (105/2, avril-juin 2017)

Que faisons-nous quand nous nous adressons à celui que nous appelons « Dieu » ? Poser ainsi la question de Dieu qui a été au centre du 25e colloque des Recherches de Science Religieuse a de quoi surprendre : ne serait-il pas plus juste et plus opératoire de l’aborder directement ? Qu’apporte le passage par l’adresse, voire les adresses que nous mettons sur les multiples « enveloppes » de nos prières et vœux, rites et gestes, destinés à cet « inconnu Dieu » (ΑΓΝΩΣΤΩ ΘΕΩ) que le Paul des Actes, parcourant les rues d’Athènes, découvrait vénéré par la population (Ac 17, 23) ?

Bulletin d’Histoire Moderne (105/2 – 2017)

Université Lyon III – Faculté des Lettres et Civilisations LARHRA – UMR 5190 I. Généralités 1. Bernat Chrystel, Gabriel Frédéric (dir.), Critique du zèle. Fidélités et radicalités confessionnelles. France, XVIe-XVIIIe siècle, « Théologie historique » 122, Beauchesne, Paris, 2013, 308 p. 2. Bernat Chrystel, Bost Hubert (dir.), Énoncer/Dénoncer l’autre. Discours et représentations du différend confessionnel à l’époque moderne, Brepols, Turnhout, 2012, 443 p. 3. Arabeyre Patrick, Basdevant-Gaudemet Brigitte (dir.), Les Clercs et les Princes. Doctrines et pratiques de l’autorité ecclésiastique à l’époque moderne, « Études et rencontres de l’École des Chartes » 41, École des Chartes, Paris, 2013, 506 p. 4. Sabourdin-Perrin Dominique, Les Dames de Sainte-Élisabeth. Un couvent dans le Marais (1616-1792), « Histoire de Paris », L’Harmattan, Paris, 2014, 377 p. 5. Muchnik Natalia, De paroles et de gestes. Constructions marranes en terre d’Inquisition, « En temps et lieux », Éds. de l’EHESS, Paris, 2014, 284 p. 6. Lavenia Vincenzo, Un’ eresia indicibile. Inquisizione e crimini contro natura in età moderna, EDB, Bologne, 2015, 73 p. 7. Ballor Jordan J., Sytsma David

Bulletin d’Histoire des idées médiévales (105/2 – 2017)

Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris I. Transversales 1. Armerini Fabrizio (Éd.), « In principio erat Verbum ». Philosophy and Theology in the Commentaries on the Gospel of John (II-XIV Centuries), « Archa Verbi » 11, Aschendorff Verlag, Münster, 2014, 274 p. 2. Dahan Gilbert, Études d’exégèse médiévale. Ancien Testament, « Écriture et société », Presses Universitaires de Strasbourg, Strasbourg, 2017, 412 p. 3. Neuheuser Hanns Peter, Stammberger Ralf M. W., Tischler Matthias M. (Éds.), Diligens Scrutator Sacri Eloquii. Beiträge zur Exegese- und Theologiegeschichte des Mittelalters. Festgabe für Rainer Berndt SJ zum 65 Geburstag, « Archa Verbi » 14, Aschendorff Verlag, Münster, 2016, 608 p. 4. Kretschmer Marek Thue (Dir.), La typologie biblique comme forme de pensée dans l’historiographie médiévale, Brepols, Turnhout, 2014, 279 p. 5. Forlivesi Marco, Quinto Ricardo, Vecchio Silvana (Éds.), « Fides virtus », The Virtue of Faith from the Twelfth to the Early Sixteenth Century, « Archa Verbi » 12, Aschendorff Verlag, Münster, 2014, 524 p. 6. Schmitt Jean-Claude, Les rythmes au Moyen Âge, Gallimard, Paris, 2016, 720 p. 7. Baschet Jérôme, Corps et

La Collection « Théologie » (1944-1972)

Université Lumière – Lyon 2 Pour peu qu’elle soit effectivement dirigée, une collection est plus que la somme des ouvrages qu’elle publie. Sa maquette, débattue avec l’éditeur, lui donne certes une allure aisément reconnaissable qui vise à fidéliser le lecteur. Mais elle n’est pas seulement un produit de librairie. Elle a sa vie propre, avec une naissance plus ou moins aisée et des accidents de parcours qui en commandent la longévité : autrement dit une histoire riche de renseignements sur le milieu dont elle est issue. Cette histoire dépend surtout de l’orientation qui lui est donnée et qui commande son insertion dans le débat intellectuel ou littéraire de son temps. La collection devrait donc être partie prenante, et de l’histoire de l’édition, et de l’histoire des idées ou des styles. Or tel n’est guère le cas. Peu nombreuses sont en effet les monographies de collections, alors qu’une histoire de l’édition en plein essor multiplie les monographies d’éditeurs. Comme l’édition religieuse reste le

Le deuil mystique

Université de Lausanne Et maintenant, Seigneur, c’est déjà du passé, et avec le temps ma blessure s’est adoucie. Puis-je apprendre de toi qui es Vérité et appliquer l’oreille à ta bouche pour que tu me le dises, pourquoi les larmes sont douces aux malheureux, ou bien, quoique tu sois partout présent, as-tu rejeté loin de toi notre malheureux, et demeures-tu en toi, tandis que nous roulons dans les épreuves ? Et pourtant, si nous ne pleurions pas à tes oreilles, il ne resterait rien de notre espérance. D’où vient donc que sur l’amertume de la vie on cueille un fruit suave : gémir, pleurer, soupirer et se plaindre ? Y aurait-il là de la douceur, parce que nous espérons que tu entends ? C’est bien ainsi que les prières qui impliquent en effet le désir de parvenir au but mais dans la douleur d’une perte et dans le deuil où j’étais alors plongé (num in dolore amissae rei et luctu, quo tunc operiebar) […] ?

AVIS AUX AUTEURS DE LA REVUE

La Bibliothèque nationale de France, en partenariat avec le Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris, souhaite procéder à la numérisation de la Revue Recherches de science religieuse, de 1910 à 2000. Les fascicules numérisés en mode image et en mode texte par la BnF seront rendus accessibles sur Internet, de façon libre et gratuite, par le biais des sites dont la BnF assure la responsabilité, et notamment Gallica. Il est en conséquence demandé aux auteurs ayant collaboré à ce titre, ou à leurs ayants droit, de bien vouloir se faire connaître en cas d’opposition à ce projet. À l’issue d’un délai de 6 mois, prenant effet à compter de la date de publication du présent encart dans la revue Recherches de science religieuse, et sauf avis contraire des auteurs ou de leurs ayants-droit, la Bibliothèque nationale de France procèdera à la mise en ligne des volumes numérisés. Il est cependant précisé qu’après cette mise en ligne, la Bibliothèque nationale de