Le ministère dans et pour la communauté

Au plan œcuménique, quelles sont les difficultés en théologie du ministère, ordonné plus spécifiquement, au sein et au service de la communauté ? Pour recenser et analyser consensus et divergences, l’étude explore trois types de dialogue particulièrement significatifs : (I) un dialogue multilatéral de Foi et Constitution du COE, le BEM (Baptême, Eucharistie, Ministère, 1982) ; (II) un dialogue bilatéral international de la Commission luthéro-catholique sur L’Apostolicité de l’Église (2006) ; (III) le dialogue bilatéral non officiel du Groupe des Dombes, aboutissant en 1972 à l’accord audacieux Pour une réconciliation des ministères.

De la tradition synodale à l’événement synodal ou comment la Bible interroge la pratique

Les auteurs du NT n’emploient pas le mot synode (littéralement « chemin commun) et ne connaissent pas la notion de synodalité. Mais leurs récits explorent ce que signifie « être en chemin avec le Christ », cherchant ainsi à susciter un véritable événement synodal. Après une nécessaire clarification de l’usage de la Bible pour la réflexion ecclésiologique en tradition luthéro-réformée, la lecture de quelques récits (Ac 15 ; Ga 2 ; Lc 24 ; Jn 20 ; Phm) met au jour les principaux enjeux théologiques liés à la synodalité de l’Église. La pluralité des voix rassemblées en un même corpus invite à une liberté pragmatique nouvelle en matière synodale, une liberté fondée en Christ.

La tradition des synodes luthériens et réformés

La synodalité est une caractéristique essentielle de l’organisation institutionnelle et de l’exercice de l’autorité dans les Églises marquées par la Réforme du XVIe siècle. L’article, partant de l’héritage historique, considère les choix théologiques fondamentaux puis les modes de synodalité aujourd’hui mis en oeuvre dans les Églises luthériennes et réformées et le défi oecuménique qu’elles doivent relever. En théologie réformatrice l’enjeu n’est pas l’Église en tant que telle. Aux synodes de veiller à ce que cette mission soit remplie et de contribuer à doter l’Église des atouts qui lui sont nécessaires.

La Bible imprimée et sa Réforme

Cet article présente un court aperçu de l’histoire de l’impression de la Bible en allemand et en anglais à l’aube de la Réforme. En mettant en contraste la situation dans le Saint-Empire romain germanique et celle de l’Angleterre au début du XVIe siècle, l’article fait valoir que, bien que leurs textes soient très proches les uns des autres sur un plan linguistique, la Bible anglaise et son homologue allemande ont un destin très différent durant la première période réformatrice, pour des raisons historiques, politiques et personnelles.

La Première Guerre mondiale et la mise en crise de la théologie protestante germanophone et francophone

En théologie protestante de langue allemande, la Première Guerre mondiale a été l’occasion d’une mise en question radicale des positions théologiques dominantes jusqu’alors. Des voix, dont celle du jeune Karl Barth, se sont élevées contre la théologie patriotique proposée au début de la guerre par les plus grandes figures théologiques de l’époque (Adolf Harnack, Wilhelm Herrmann et Ernst Troeltsch). À l’instar de Rudolf Bultmann, nombre de théologiens allemands d’abord aveuglés par le puissant élan patriotique des premiers mois de guerre ont, par la suite, questionné certaines associations trop rapides entre le destin de leur pays et la providence divine.

Église catholique, réforme et méthodologie oecuménique

La méthodologie du consensus différencié, mise en œuvre dans le dialogue luthéro-catholique, a permis d’obtenir un accord historique sur la justification. Elle a d’ores et déjà pu être appliquée à d’autres sujets. Elle ne saurait toutefois être considérée comme la voie unique dans le processus de recomposition de l’unité. Une meilleure articulation avec la notion de réforme permet de mettre en évidence ce que l’interpellation luthérienne garde d’actuel, sans pour autant figer le débat à un stade historique de cimentation des différences confessionnelles.

Luther d’après les recherches récentes

Université de Strasbourg Luther a repris les dogmes de l’Église ancienne et s’est inspiré des Pères de l’Église ancienne ainsi que des écrits de la mystique rhénane et de la théologie de la piété du XVe siècle, tout en les jugeant à l’aune de l’Écriture sainte qui est, pour lui, l’autorité principale. Dans ses premiers cours, il souligne que la justice de Dieu annoncée par l’Évangile est une justice miséricordieuse. C’est de cette justice que le croyant, malgré son péché, peut vivre. En 1517 ses 95 thèses critiquent la pratique des indulgences. Il qualifie le pape d’Antichrist et en appelle au concile et aux autorités temporelles de l’Empire. Il n’admet plus que deux sacrements, proclame le sacerdoce universel de tous les chrétiens et se résout à la mise en place d’Églises évangéliques distinctes de l’Église romaine, desservies par des pasteurs mariés et célébrant le culte dans la langue du peuple. L’article présente la démarche et les affirmations théologiques de Luther,

Précarité institutionnelle de l’Église et radicalité du Royaume

L’Église de Jésus-Christ, sous sa forme visible et institutionnelle, à la fois plurielle et une, n’est pas une fin en soi et, même dans l’ordre du salut, garde un caractère second et instrumental. Chez Calvin, l’Église, comme Église invisible, doit son existence à l’élection de Dieu. Mais la distinction entre Église visible et Église invisible prend son origine, chez le Réformateur, dans la nécessité de justifier la critique théologique et pratique de l’Église romaine. Nous sommes donc ici à un carrefour entre la fondation théologique de l’ecclésiologie et sa condition historique. À terme, c’est-à-dire à l’aune de l’espérance de la venue du Royaume de Dieu et de la communion des saints, la distinction entre Église visible et Église invisible s’estompe, non en faveur de la seconde, mais en fonction du règne universel et final de Dieu, lequel transcende les limites de toute forme d’ecclésialité. Mais cette délimitation claire entre l’Église et le Royaume de Dieu, ou, exprimé d’une autre manière,