Karl Rahner et l’œcuménisme : un plaidoyer pour l’audace

L’engagement et le souci œcuméniques de Karl Rahner ne sont plus à démontrer. Il demeure toutefois intéressant et important d’en préciser les contours, au fil d’une œuvre où le thème de la grâce représente une sorte de fil rouge tout sauf marginal. La présente contribution s’attache à trois aspects de cette œuvre, à savoir la question du thème ou de l’objet même de la théologie, la question de la grâce incréée et créée, et enfin les audacieuses thèses de Rahner et de Fries sur l’unification des chrétiens.

Transcendantal, catégorial et expérience de la grâce

Cet article interroge l’évidence avec laquelle on parle de l’importance du transcendantal dans la théologie de Karl Rahner. Il défend la thèse selon laquelle les références philosophiques, réelles, ne doivent pas masquer l’usage théologique qui en est fait. On distingue trois usages du concept « transcendantal » chez Rahner, et l’on discute surtout le sens dans lequel il forme un couple avec « catégorial ».

Karl Rahner dans le monde anglophone

Les vues d’ensemble de l’œuvre de Rahner proposées dans le monde anglophone, soit par ses admirateurs soit par ses critiques, le présentent comme fondé sur la philosophie, souvent sans reconnaître le contexte ecclésial et les nuances conceptuelles. D’autres traitent l’un ou l’autre domaine de la théologie de Rahner, l’expliquant, le contestant, ou le développant, de différents points de vue et avec des niveaux de compétence variables. Cette diversité dans la théologie engendrée par Rahner confirme ses prédictions sur le pluralisme de la théologie faite par les catholiques après lui.

La connaissance humaine du Christ. Exégèse, théologie contemporaine et Thomas d’Aquin

Après avoir présenté trois principes fondamentaux en christologie, nous appliquerons à la connaissance humaine du Christ la déclaration du concile de Chalcédoine selon laquelle ses deux natures, divine et humaine, ne doivent être ni confondues ni séparées. Nous considérerons l’apport de divers exégètes et théologiens comme Balthasar, Rahner et Pannenberg, et nous offrirons une reprise critique de la position de Thomas d’Aquin, en modifiant sa compréhension des trois genres de connaissance qu’il distingue en Jésus : vision béatifique, connaissance infuse et connaissance acquise.

La théologie : Une science fondamentale ?

Peu de théologiens, dans la période contemporaine, oseront user de l’expression « science fondamentale » pour caractériser, voire définir la dimension de scientificité qui revient à la théologie. Dans ce contexte, ce n’est pas le mot de « science » qui pose difficulté mais bien le caractère fondamental attribué à cette science. L’auteur dresse dans un premier temps un état des lieux de cette question disputée avant de considérer le caractère spécifique de la théologie dans le cadre de la révélation et de sa dimension christologique et trinitaire. Ce contenu implique que la théologie-science est aussi une scientia de singularibus.