Luther d’après les recherches récentes

Université de Strasbourg Luther a repris les dogmes de l’Église ancienne et s’est inspiré des Pères de l’Église ancienne ainsi que des écrits de la mystique rhénane et de la théologie de la piété du XVe siècle, tout en les jugeant à l’aune de l’Écriture sainte qui est, pour lui, l’autorité principale. Dans ses premiers cours, il souligne que la justice de Dieu annoncée par l’Évangile est une justice miséricordieuse. C’est de cette justice que le croyant, malgré son péché, peut vivre. En 1517 ses 95 thèses critiquent la pratique des indulgences. Il qualifie le pape d’Antichrist et en appelle au concile et aux autorités temporelles de l’Empire. Il n’admet plus que deux sacrements, proclame le sacerdoce universel de tous les chrétiens et se résout à la mise en place d’Églises évangéliques distinctes de l’Église romaine, desservies par des pasteurs mariés et célébrant le culte dans la langue du peuple. L’article présente la démarche et les affirmations théologiques de Luther,

Bulletin de théologie systématique (1) : Jésus-Christ (104/4 – 2016)

, Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris Ayant été chargé depuis 2007 de deux Bulletins critiques de théologie systématique sous l’unique titre « Jésus – Christ, Dieu – Trinité », un nouveau découpage fait que l’auteur recense désormais les travaux de christologie, laissant les ouvrages de théologie trinitaire à Vincent Holzer. Qu’il soit vivement remercié d’avoir accepté cette tâche. I. Jésus et l’Église naissante 1. Jean-Noël Aletti, Jésus, une vie à raconter. Essai sur le genre littéraire des évangiles de Matthieu, de Marc et de Luc, Lessius, Namur, 2016, 155 p. 2. Jacques Schlosser, Le groupe des Douze. Les lueurs de l’histoire, Éd. du Cerf, Paris, 2014, 119 p. 3. Armand Puig I Tàrrech, Jésus. Une biographie historique, DDB, Paris, 2016, 837 p. 4. José Antonio Pagola, Jésus. Approche historique, Éd. du Cerf, Paris, 2012, 543 p. 5. John Shelby Spong, Jésus pour le XXIe siècle, Karthala, Paris, 2014, 328 p. 6. Gerhard Lohfink, Gesù di Nazaret. Cosa volle – Chi fu, Queriniana, Brescia, 2014,

L’ancienneté dans les premières communautés chrétiennes

Quand se constituent les premières communautés chrétiennes, le presbytérat, expression et institutionnalisation du principe d’ancienneté, apparaît alors comme une structure transversale aux milieux grec et juif et non pas seulement comme un modèle hérité de la Bible. Le concept d’ « Ancien », distinct de celui de « vieillard », est relatif puisqu’il repose sur une bipolarisation et l’opposition entre les Jeunes et les Anciens. Il correspond davantage à une génération qu’à une classe d’âge précise et fournit un modèle sociétal qui privilégie l’autorité et l’expérience. La question de l’antagonisme des générations est un lieu commun de la pensée grecque. L’examen des réalités du christianisme primitif montre le principe d’ancienneté y a joué le même rôle que dans les autres communautés antiques, générant sans doute des conflits analogues. L’originalité des églises est d’avoir fait évoluer le presbytéros d’une figure d’autorité à une figure constitutive de la tradition.

Message et communauté : une articulation délicate

La communion ecclésiale est d’abord partage des mêmes biens de salut. Deux dimensions se trouvent donc dessinées, celle de la communauté et celle, première, de l’adhésion de la communauté au message qui la constitue. La tradition catholique considère comme centrale l’importance d’un ministère, au service de la communauté, qui est aussi, et sans doute d’abord, un magistère, au service de l’authenticité du message. La légitimité de ce ministère/magistère est placée sous le signe de l’apostolicité. L’article envisage un certain nombre de « blocages » qui, dans l’histoire, ont pu affecter le jeu entre ces deux dimensions, dus notamment à une personnalisation, à tendances monopolistiques, du ministère comme du magistère. Il propose quelques perspectives de dépassements.

La dimension ecclésiale de la foi aujourd’hui

La dimension « ecclésiale » de la foi catholique ne parvient pas à s’inscrire dans l’état présent de la culture postmoderne sous une forme communautaire crédible. Si nous vivons le temps d’une « exculturation du catholicisme » cela peut se dire « Nous n’avons pas l’Église qu’il nous faut ». On pourra aussi dire « L’Église doit changer pour faire face au tournant civilisationnel dans lequel elle se trouve prise avec l’ensemble de l’humanité ». N’est-ce pas faute de trouver son point d’application dans la vie sociale de nos contemporains, que notre catholicisme se trouve en quelque sorte « flottant » ?

Revisiter les origines chrétiennes

Les recherches historiques et exégétiques des trois dernières décennies sur les origines chrétiennes ont conduit à renouveler la question du « Jésus historique » et ont contribué simultanément à transformer l’image du christianisme primitif. Après s’être interrogées sur la possibilité de faire une théologie de la vie de Jésus (RSR 98/4 et 99/1), les Recherches de Science Religieuse voudraient traiter de la « période fondatrice » de l’Église, l’autre versant de la question des origines chrétiennes. Un des problèmes majeurs de cette reconsidération est la mise en question de la notion théologique (forgée au XIXe siècle par l’École Romaine) de la « mort du dernier apôtre » comme “marqueur” de la clôture de la Révélation. Même la date de 135 n’apparaît plus comme significative du détachement de la matrice juive, le synchronisme entre le débat sur le marcionisme et l’insurrection de Bar Kochba étant artificiel. C’est plutôt un comput par générations qui s’impose aujourd’hui, la génération d’Irénée étant la dernière qui ait reçu une transmission orale de la prédication de

La diffusion du christianisme aux Ier – IIIe siècles

L’histoire des réseaux, champ de recherche récent, apparaît opérante pour étudier la christianisation du fait de l’importance du phénomène associatif dans l’Antiquité. L’approche croisée des textes chrétiens et de la documentation extérieure (textes, inscriptions, papyrus, archéologie) met en évidence le rayonnement de pôles vers la périphérie. La mission apostolique a utilisé des réseaux préexistants d’hospitalité et de clientèle, mais se sont mis rapidement en place des réseaux spécifiquement chrétiens – hospitaliers, financiers, épistolaires – sur lesquels s’est construite l’unité de l’Église. Les évêques ont été des hommes de réseaux et ont fini par construire un réseau épiscopal. Cette évangélisation en interaction avec la société profane a créé une dynamique identitaire en obligeant les Églises à construire leurs marges.

Église et Églises : réflexion sur les questions d’autorité dans les communautés chrétiennes au IIe siècle

La conviction d’appartenir à une Église unique, catholique puisque universelle, contribua à forger l’identité chrétienne de petites communautés dispersées, en butte à l’incompréhension de leurs contemporains, mais ne put se dissocier de la revendication, au coeur de ces mêmes communautés, d’un attachement à l’identité locale. Comme l’Empire, dont elle adopte en grande part les structures, l’Église tire sa force de son enracinement dans la cité. En conséquence, le nom de chrétien fut, tout au long du IIe siècle, revendiqué par des individus issus de communautés dont les pratiques liturgiques, la structure de leur clergé, voire leurs textes canoniques et leur profession de foi les distinguaient – ou les opposaient. L’histoire de l’Église au II e siècle est l’histoire de cette expansion du christianisme, de la multiplication de ces communautés, et de la construction d’une identité commune.

À la recherche d’un « langage liturgique approprié »

L’auteur pose la question d’un langage liturgique apte à se situer d’une part dans la tradition de l’Église et qui corresponde, d’autre part, à la situation spécifique de la liturgie tout en respectant finalement les exigences de la liturgie émanant de la Constitution sur la sainte liturgie du concile Vatican II ; celle-ci avait pour but, entre autres, la participation pleine, active et fructueuse de tous les fidèles ainsi qu’une vie chrétienne et spirituelle basée sur la liturgie. L’article montre les graves difficultés qui se posent depuis la publication de l’instruction Liturgiam authenticam pour les livres liturgiques en langues vernaculaires et développe des perspectives pour l’avenir de l’euchologie de la liturgie romaine.