« Cela n’est-il pas écrit dans le livre ? » Quand les femmes lisent les Écritures

La féminisation du corps enseignant en Écriture Sainte depuis les années 1980 en France est le fruit d’une longue et tumultueuse histoire qui a commencé un siècle plus tôt aux États-Unis. Les apports de l’approche féministe sont à l’origine d’une heureuse pluralité qui a profondément renouvelé l’exégèse. Aujourd’hui, hommes et femmes travaillent ensemble à l’interprétation des textes bibliques, au service de l’intelligence de la foi.

L’interprétation de la Bible en Afrique : herméneutiques et méthodes

Dans un souci d’interpréter la Bible dans le contexte africain contemporain, plusieurs approches exégétiques ont vu le jour sur le continent depuis environ cinq décennies. Ces méthodes pour la plupart contextuelles, mais aussi postcoloniales, ont en commun le « monde devant le texte », c’est-à-dire l’audience contemporaine, lecteur ou auditeur de la Parole de Dieu en Afrique. Ces approches constituent certainement un défi pour l’exégèse classique développée en Occident mais aussi une opportunité pour son ouverture à une lecture/écoute plurielle de la Bible en différents contextes.

Relier le cri des pauvres et le cri de la terre : vers quels chantiers théologiques et quelles pratiques ecclésiales ?

Relier le cri des pauvres et le cri de la terre ouvre de nouveaux chantiers théologiques et pratiques. L’article développe trois d’entre eux. Les recherches en éco-théologie de la libération montrent que la Bible peut fournir un imaginaire utopico-critique capable de transformer nos imaginaires idéologiques et nos pratiques dominatrices. L’examen de notre rapport au temps indique une désynchronisation avec le temps de la nature et le temps des pauvres qui appelle à un regard vers l’histoire du salut et la pratique du sabbat. Enfin la crise actuelle appelle à développer de nouvelles attitudes intérieures et en particulier la vertu d’espérance dont les pauvres sont des maîtres.

La sagesse comme instance d’accomplissement dans la théologie biblique de Paul Beauchamp

Le projet de théologie biblique de Paul Beauchamp accorde une place centrale à la sagesse. L’article présente les voies par lesquelles la sagesse rend compte, dans l’œuvre de Beauchamp, du mouvement d’accomplissement des Écritures. Quatre directions sont explorées : la sagesse respectivement comme connaissance de l’origine et de la condition de créature, travail de la parole et matrice d’écriture, rapport d’Israël aux Nations entre particularisme et universalisme, figure biblique du Dieu un et trine.

De la tradition synodale à l’événement synodal ou comment la Bible interroge la pratique

Les auteurs du NT n’emploient pas le mot synode (littéralement « chemin commun) et ne connaissent pas la notion de synodalité. Mais leurs récits explorent ce que signifie « être en chemin avec le Christ », cherchant ainsi à susciter un véritable événement synodal. Après une nécessaire clarification de l’usage de la Bible pour la réflexion ecclésiologique en tradition luthéro-réformée, la lecture de quelques récits (Ac 15 ; Ga 2 ; Lc 24 ; Jn 20 ; Phm) met au jour les principaux enjeux théologiques liés à la synodalité de l’Église. La pluralité des voix rassemblées en un même corpus invite à une liberté pragmatique nouvelle en matière synodale, une liberté fondée en Christ.

Cet obscur objet de la traduction

Les recherches historiques et philologiques concernant les textes bibliques ont fait, durant les dernières décennies, de grands progrès. La découverte progressive de préhistoires complexes de ces textes ébranle la confiance en un texte biblique qui serait une instance hors de question, et qui pourrait être prise en tant que telle comme donnée préalable des interprétations et des traductions. À la place du texte compris comme référence, nous nous trouvons devant une multitude de fragments, de copies et de variantes. En reprenant les enjeux et les thèses de quatre articles réunis dans ce dossier, l’auteur essaie de repenser les concepts du « texte », du « canon » et de l’« original ». Plus précisément, il propose, dans une perspective théologique et philosophique, une réhabilitation de ces trois concepts.

Bible et violence : quelles dialectiques ?

La Bible entretient avec la violence des relations complexes, d’ordre dialectique. En relisant quelques textes en fonction de leur teneur cathartique, et selon le principe exégétique et herméneutique de l’analogie de la foi, nous pouvons les comprendre comme une entreprise de déconstruction et de délégitimation de la violence. Le processus qui met en œuvre diverses stratégies littéraires semble être une condition requise pour proposer une éthique et une spiritualité de la non-violence.

Bulletin d’Histoire de l’exégèse

Pour des raisons indépendantes de notre volonté, c’est avec un retard considérable que paraît ce Bulletin d’histoire de l’exégèse. Tenant à garder une certaine actualité selon le rythme biennal, nous avons donné priorité aux publications des trois dernières années de façon à respecter et retrouver un rythme normal. Cependant, pour ne pas ignorer totalement des ouvrages dont il aurait fallu avant ces années avoir déjà rendu compte, nous nous permettrons de les évoquer et de les situer dans leurs apports afin d’assurer une certaine continuité. I. Texte biblique et Canon 1. Abadie Philippe, Des héros peu ordinaires. Théologie et histoire dans le livre des Juges, « Lectio divina », Cerf, Paris, 2011, 198 p. 2. Olivier-Thomas Venard, o.p (éd.), Le sens littéral des Écritures, École biblique et archéologique française de Jérusalem, « Lectio divina », Cerf, Paris, 2009, 362 p. 3. McDonald Lee Martin, The Biblical Canon. Its Origin, Transmission, and Authority, Hendrickson Publischers, Peabody, Massachusetts, 2007, 546 p. II. Commentateurs 4. Skupien Dekens Carine, Traduire

Humain et nature, femme et homme : différences fondatrices ou initiales ? Réflexions à partir des récits de création en Genèse 1-3

Résumé A. Wénin – Humain et nature, femme et homme : différences fondatrices ou initiales ? Réflexions à partir des récits de création en Genèse 1-3 L’idée que les premières pages de la Bible (Gn 1–3) constituent un discours théologique et anthropologique concernant la création et qu’elles contiennent une révélation aussi définitive qu’unique sur l’être l’humain semble aller de soi. Mais ce raccourci ne se fonde-t-il pas sur l’occultation du genre mythique et de la nature narrative de ces textes qui, comme tout écrit, encodent une vision spécifique et située culturellement ? L’auteur interroge ces textes à nouveaux frais pour voir si ce qu’ils disent de la différence entre l’humanité et la nature, et entre l’homme et la femme, n’est pas plus complexe et nuancé que ce que la tradition en a retenu, et pour vérifier si ces textes immémoriaux ne recèlent pas des ressources cachées permettant de penser les questions anthropologiques que soulèvent notre époque. Human and nature, woman and man : founding or