Par sa mort, il a vaincu la mort

La lecture de l’évangile de Marc et de celui de Matthieu, qui pourrait être complétée par ceux de Luc et Jean, impose une claire distinction entre les causes de l’assassinat de Jésus et la raison pour laquelle Jésus a décidé et accepté de faire don de sa vie comme aboutissement de son existence. L’événement de Pâques fait apparaître la dimension transcendante et la signification universelle de cette mort comme victoire sur la mort, et le Nouveau Testament propose une diversité d’interprétations pour en comprendre le sens révélateur de vie et libérateur.

Pour une théologie de la reconnaissance

Charismes et institution font-ils bon ménage ? Cette contribution cherche réponse en traversant quelques épîtres pauliniennes. D’abord l’épître aux Galates, pour relire les fondements de l’argumentation paulinienne en matière de service. Puis la première aux Corinthiens, pour penser la réalité nouvelle qui règne sur l’organisation de la communauté. Enfin l’épître aux Éphésiens, pour réfléchir avec les successeurs de Paul à la dimension cosmologique de l’œuvre commune des serviteurs. Cette traversée scripturaire met au jour une théologie de la reconnaissance : la reconnaissance des charismes que Dieu a gracieusement prodigués à chacune et chacun en vue de prendre efficacement ses responsabilités de croyant dans le monde.

La mort de la mort : de quelle immortalité parlons-nous ?

La possibilité d’une immortalité n’a cessé de préoccuper l’humanité. Certains affirment que celle-ci serait de l’ordre du passé, à la suite de la thèse heideggérienne de la finitude ontologique de l’homme. Dans cette optique, le temps est envisagé à partir de la mort, à savoir qu’il est clos de manière a priori. D’autres, au contraire, soutiennent que la temporalité est ouverte et que le « progrès » historique et technoscientifique permet à l’homo faber de dépasser la mort individuelle. Après une discussion critique de ces positions et de leurs présupposés, l’article aborde la question de l’immortalité renvoyant à une anthropologie du don. Celui-ci se situe au plan de la créature recevant gratuitement la vie ou de l’espérance qui implique une attitude de disponibilité réceptive et qui échappe à tout contrôle.

Bulletin d’anthropologie théologique (104/4 – 2016)

Université catholique de Lille – Faculté de théologie Le premier bulletin d’anthropologie théologique s’était ouvert par une présentation de la discipline et de ses subdivisions, suivie d’une recension spécialement approfondie de la Theologische Anthropologie de Thomas Pröpper (2011). Il s’était conclu par un questionnement sur la future réception de cette œuvre monumentale. Puisque plusieurs ouvrages recensés dans ce second bulletin y contribuent, le lecteur est invité à se reporter à ladite recension (RSR 101/2 [2013]) et à l’article sur « Grâce et liberté » (RSR 102/1 [2014]) dans lequel elle a été complétée. Dans les pages qui suivent, il sera fait plusieurs fois référence à l’ontologie structurale que, sous autant de variantes, trois philosophes ont élaborée dans les dernières décennies, en opposition déclarée à l’ontologie classique de la substance. Ces réflexions, quoique pénétrantes, créatives et particulièrement propices au renouvellement de la pensée métaphysique en théologie, sont peu connues en France. En voici donc une évocation synthétique. Elles furent proposées successivement par le grand philosophe