Bulletin de Théologie de la création et sciences (108/4 – 2020)

Ouvrages recensés dans le présent bulletin : Oliver Simon, Creation : a guide for the perplexed, London, Bloomsbury T&T Clark, 2017, 222 p. Caruana Louis (Éd.), L’Inizio e la Fine dell’Universo. Orientamenti scientifici, filosofici e teologici, Rome, Gregorian & Biblical Press, 2016, 176 p. Revol Fabien, Le concept de création continuée dans l’histoire de la pensée occidentale, Institut Interdisciplinaire d’Etudes Epistémologiques, 2017, 350 p. Wright Catherine, Creation, God, and humanity : engaging the mystery of suffering within the sacred cosmos, New York, Paulist Press, 2017, 286 p. Giberson Karl W. (Éd.), Abraham’s Dice: Chance and Providence in the Monotheistic Traditions, Oxford University Press, 2016., 376 p. Bastit Michel, Le principe du monde. Le Dieu du philosophe, Paris, Les Presses universitaires de l’IPC, 2016, 264 p. Souchard Bertrand et Fabien Revol (Éds.), Réel voilé et cosmos théophanique: Le regard de l’homme sur la nature et la question de Dieu, Paris/Lyon, Vrin / Faculté catholique de Lyon, 2016, 550 p. Souchard Bertrand et Fabien Revol

La vie éternelle : corporelle, dynamique et universelle ?

Le mystère de la vie éternelle est appréhendé à partir de ce qui lui est le plus radicalement propre : son centre christologique et trinitaire. C’est à la lumière de celui-ci que sont affrontées trois questions – choisies pour leur importance intrinsèque et leur place dans les débats contemporains – touchant respectivement à la corporéité, à la temporalité et à l’universalité de la vie éternelle. La première est abordée en référence aux débats sur la résurrection dans la mort et à la possibilité de penser la conformation au Christ à la lumière de la phénoménologie et de l’ontologie structurale ; la seconde, à partir de la tension entre stabilité de la béatitude et vitalité du désir ; la troisième, en tenant compte des enjeux de l’espérance d’un salut universel et de la puissance des arguments de l’universalisme contemporain.

Les métamorphoses de la liturgie et de la pastorale des funérailles

La profonde transformation des pratiques et de la pastorale des funérailles ne peut s’expliquer sur le seul registre de la déchristianisation. Les transformations culturelles interrogent l’espérance chrétienne sous un triple rapport : à la mort, au corps et à la mémoire. La récente crise sanitaire de la Covid 19, en suscitant une nouvelle prise de conscience de la fragilité de notre humanité commune, appelle à reconsidérer ces questions. Dans ce contexte, l’article s’interroge à nouveaux frais sur les ressources qu’apporte la ritualité chrétienne pour répondre aux aspirations et aux angoisses d’un monde qui a profondément changé.

La vie éternelle, selon les Écritures

La notion de « vie éternelle » se trouve aujourd’hui grevée d’une interprétation statique et anhistorique. Le retour au Nouveau Testament met en valeur l’ambivalence de l’adjectif « éternel » (en grec aiônios), inséparable de la notion d’éon (aiôn), désignant comme un espace-temps divin, inaccessible au sein de l’histoire, quoique déjà mystérieusement présent. Ce sera le propre des écrits johanniques que d’insister, tant sur le déjà-là d’une eschatologie anticipée que sur l’intériorité du sujet croyant, appelé à laisser sourdre en lui la « source d’eau jaillissant en vie éternelle » (Jn 4,14).

La mort de la mort : de quelle immortalité parlons-nous ?

La possibilité d’une immortalité n’a cessé de préoccuper l’humanité. Certains affirment que celle-ci serait de l’ordre du passé, à la suite de la thèse heideggérienne de la finitude ontologique de l’homme. Dans cette optique, le temps est envisagé à partir de la mort, à savoir qu’il est clos de manière a priori. D’autres, au contraire, soutiennent que la temporalité est ouverte et que le « progrès » historique et technoscientifique permet à l’homo faber de dépasser la mort individuelle. Après une discussion critique de ces positions et de leurs présupposés, l’article aborde la question de l’immortalité renvoyant à une anthropologie du don. Celui-ci se situe au plan de la créature recevant gratuitement la vie ou de l’espérance qui implique une attitude de disponibilité réceptive et qui échappe à tout contrôle.

L’éternité est une croyance qui s’oppose à la mort

Comment résister à la mort ? Cette question, depuis toujours, instaure un conflit entre la mort et l’éternité. Voyons quatre régimes différents de résistance : celui de la culture, qui, depuis 100 000 ans, avec le faste, l’art et la religion, instaure des modalités d’une protection contre la mort – apparaissent alors le moment charnière : le passage, et ses conditions, la symbolique de l’autre monde – ; puis le moment chrétien (une promesse d’éternité est faite, mal comprise, du côté catholique par une fixation sur la seule éternité de l’âme et du côté des incroyants par un supposé amour catholique des cadavres), avec une incertitude quant aux conditions d’accès à l’éternité ; le troisième régime où, avec Freud, l’immortalité devient une croyance active ici et maintenant, protège notre psychisme du néant et donc de la sidération, et vient avant la mortalité ; enfin la science, qui nous offre une nouvelle promesse d’immortalité, promesse future, non encore réelle, possible mais non certaine, de pouvoir se « réincarner » dans de

Éditorial 108/4

La vie éternelle Source toujours jaillissante ? La « vie éternelle » est incontestablement, comme le soulignait récemment le Pape François, une « ligne de crête » de la foi chrétienne et sans doute l’une des plus escarpées. Dès qu’il s’agit de confronter nos espérances à la réalité de la mort, tout se passe comme si les mots pour mettre ces deux dimensions en rapport nous faisaient défaut. Rien d’étonnant à cela : la ligne de crête qui sépare le versant de la foi et le précipice de la peur a, depuis toujours, de quoi donner le vertige et, souvent, le silence est préférable au vite-dit bavard. C’est ce vertige qui se fait sentir dans la manière dont l’Épître aux Hébreux articule le constat que « le sort des hommes est de mourir une seule fois » (He 9,27) et l’unicité de la Passion du Christ.

Décès du Père Joseph Moingt

Le Père Joseph Moingt, sj, s’est éteint le 28 juillet 2020, dans sa 105ème année. Théologien à la pensée toujours en éveil et ouvrant inlassablement à l’intelligence de la foi, il a dirigé la Revue des RSR de 1968 à 1997. Nous lui devons beaucoup. Christoph Theobald, rédacteur en chef, avec le Comité de Rédaction Joseph Moingt – Un grand théologien vient de nous quitter

Bulletin de Littérature prophétique (108/3 – 2020)

par Treize ouvrages sont recensés dans ce bulletin : De Troyer Kristin, Schmitz Barbara (Éds.), The Early Reception of the Book of Isaiah, De Gruyter, Boston, 2019, 133 p. Byun Seugli L., The Influence of Post-biblical Hebrew and Aramaic on the Translator of Septuagint Isaiah, Bloomsbury T&T Clark, London, 2017, 265 p. Hildebrandt Samuel, Interpreting Quoted Speech in Prophetic Literature. A Study of Jeremiah 2.1–3.5, « Supplements to Vetus Testamentum » 176, Brill, Leiden / Boston, 2017. Crouch Carly L., An introduction to the Study of Jeremiah, Bloomsbury T&T Clark, London, 2017, 181 p. Bodner Keith, After the Invasion. A Reading of Jeremiah 40–44, OUP, Oxford, 2015, 179 p. Ferrari Matteo, La chiamata del profeta. Isaia, Geremia, Ezechiele, Le faggine, EDB, Bologna, 2017, 79 p. Pentiuc Eugen J., Barnea Gad, Méténier Étienne, Popko Łukasz et al. (Éds.), The Word of the Lord That Happened to Hosea, « The Bible in Its Traditions » 3, Peeters, Leuven / Paris / Bristol (Connecticut), 2017, 411 p. Werse Nicholas R.,

Bulletin Pentateuque, Livres historiques et Histoire d’Israël (108/3 – 2020)

I. Études historiques et critiques – (Olivier Artus) – Lepesqueux Guillaume, L’exposition du nom divin dans le livre de l’Exode, FAT 2. Reihe  102, Mohr Siebeck, Tübingen, 2019, 432 p. Germany Stephen, The Exodus-Conquest narrative, FAT 115, Mohr Siebeck, Tübingen, 2017, 515 p. Tucker Paavo N., The Holiness Composition in the Book of Exodus, FAT 2. Reihe 98, Mohr Siebeck, Tübingen, 2017, 230 p. Finkelstein Israel, Hasmonean Realities behind Ezra, Nehemiah, and Chronicles. Archeological and Historical Perspectives, SBL Press, Atlanta, 2018, 208 p. II. Études narratives et synchroniques – (André Wénin) – a.     Narration, anthropologie et théologie De-Whyte Janice Pearl Ewurama, Wom(b)an: A Cultural-Narrative Reading of the Hebrew Bible Barrenness Narratives, «Biblical Interpretation Series» 162, Brill, Leiden/Boston, 2018, xi + 320 p. Zurli Emanuela, Giacobbe in cammino verso sé e verso l’altro (Gen 25,19–35,29). Le lotte di Giacobbe-Israele per la benedizione nel contesto delle tematiche antropologiche e teologiche della Genesi, Cittadella Editrice, Assisi, 2018, 591 p. Crignon Albert-Marie, « Qui es-tu mon fils ? ». La vie prophétique de