Bulletin Pentateuque, Livres historiques et histoire d’Israël (105/3 – 2017)

Ce bulletin relie désormais, dans sa nouvelle délimitation, les recensions des ouvrages portant sur le Pentateuque, les livres historiques et l’histoire d’Israël. Il comporte trois parties : la première, confiée à Olivier Artus, propose des études critiques des textes du Pentateuque, dont certaines envisagent l’articulation entre données de la critique littéraire et données de l’archéologie ; la deuxième partie, confiée à André Wénin, est consacrée aux approches synchroniques et narratives du Pentateuque et des Prophètes premiers ; enfin, la troisième partie, confiée à Philippe Abadie, traite des livres « historiques », au sens large du terme, et présente également les études consacrées à l’histoire d’Israël. I. Études historiques et critiques – (Olivier Artus) – 1. Giuntoli F., Schmid K., (Éds.), The Post Priestly Pentateuch, Mohr Siebeck, Tübingen, 2015, 351 p. 2. Hartenstein Friedhelp, Schmid Konrad (Éds.), Abschied von der Priesterschrift ? Zum Stand der Pentateuchdebatte, Evangelische Verlaganstalt, Leipzig, 2015, 217 p. 3. Edelman Diana, Fitzpatrick-Mckinley Anne, Guillaume Philippe (Éds.), Religion in the Achaemenid Persian Empire, Mohr Siebeck, Tübingen,

Dictionnaire historique de la théologie de la libération

Plus d’une centaine d’auteurs ont contribué à ce dictionnaire – le premier consacré à la Théologie de la libération –, qui dresse un panorama de ce courant non seulement en Amérique Latine, mais également en Asie, Afrique, Europe, Amérique du Nord. Un des intérêts majeurs de l’ouvrage, est de présenter beaucoup d’acteurs (178 en tout : théologiens catholiques et protestants, biblistes, philosophes, sociologues, historiens, pédagogues, mais aussi des missionnaires, prêtres et évêques)…

Au-delà de 2017

La commémoration des origines de la Réforme en l’année 2017 est un jalon sur un itinéraire en vue de la pleine communion. Le dialogue luthéro-catholique a déjà permis d’atteindre un consensus sur des questions fondamentales et doit trouver là un élan pour franchir de nouveaux pas. Encore faut-il persévérer dans une expérience proprement spirituelle de réconciliation et de guérison, par-delà les blessures héritées du passé. Le dialogue doit aussi se poursuivre sur le plan doctrinal ; l’article montre comment il serait possible d’aller de l’avant sur des questions controversées, comme celles de la succession apostolique et du ministère de communion dans l’Église universelle.

Luther et la théologie luthérienne dans le mouvement oecuménique

Luther et la théologie luthérienne sont deux choses bien distinctes, et doivent l’être plus encore dans un âge oecuménique. Les simplifications du confessionnalisme ont laissé la place à un travail de reconstruction critique, à la fois entre Églises luthériennes séparées par des divisions, entre Églises de la Réforme, ou dans le cadre du dialogue luthérien-catholique. De remarquables acquis méthodiques ainsi que thématiques ont été atteints, ouvrant la voie à des communions ecclésiales. Comment faut-il aborder les points d’achoppement qui demeurent ?

Église catholique, réforme et méthodologie oecuménique

La méthodologie du consensus différencié, mise en œuvre dans le dialogue luthéro-catholique, a permis d’obtenir un accord historique sur la justification. Elle a d’ores et déjà pu être appliquée à d’autres sujets. Elle ne saurait toutefois être considérée comme la voie unique dans le processus de recomposition de l’unité. Une meilleure articulation avec la notion de réforme permet de mettre en évidence ce que l’interpellation luthérienne garde d’actuel, sans pour autant figer le débat à un stade historique de cimentation des différences confessionnelles.

Luther d’après les recherches récentes

Université de Strasbourg Luther a repris les dogmes de l’Église ancienne et s’est inspiré des Pères de l’Église ancienne ainsi que des écrits de la mystique rhénane et de la théologie de la piété du XVe siècle, tout en les jugeant à l’aune de l’Écriture sainte qui est, pour lui, l’autorité principale. Dans ses premiers cours, il souligne que la justice de Dieu annoncée par l’Évangile est une justice miséricordieuse. C’est de cette justice que le croyant, malgré son péché, peut vivre. En 1517 ses 95 thèses critiquent la pratique des indulgences. Il qualifie le pape d’Antichrist et en appelle au concile et aux autorités temporelles de l’Empire. Il n’admet plus que deux sacrements, proclame le sacerdoce universel de tous les chrétiens et se résout à la mise en place d’Églises évangéliques distinctes de l’Église romaine, desservies par des pasteurs mariés et célébrant le culte dans la langue du peuple. L’article présente la démarche et les affirmations théologiques de Luther,

Éditorial (105/3)

Le 31 octobre prochain aura pris fin la commémoration du 5e Centenaire de la Réforme protestante, selon l’année 1517 où Martin Luther promulgua ses fameuses thèses sur les indulgences. Alors que les précédents centenaires avaient donné lieu à des prises de positions identitaires, souvent polémiques, ce cinquième centenaire marqué par plusieurs décennies de dialogue œcuménique n’a cessé de donner lieu à des paroles et des gestes importants en vue de la communion à venir. Ainsi, tant du côté de la Fédération luthérienne mondiale que du côté du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a-t-on souhaité « en haut lieu » préparer en commun cet événement ; ce qui fut notamment réalisé par la commission internationale luthéro-catholique publiant en 2013 son document Du conflit à la communion.

Nomination de Dieu, invocation de Dieu. Une typologie des manières de s’adresser à Dieu dans la Bible

Il est proposé de postuler qu’aux figures plurielles d’un soi répondant à l’appel divin polymorphe correspondent des manières de s’adresser à Dieu : à une identité fondée correspondrait la louange, à une identité ébranlée la supplication et à une identité à la fois singularisée et universalisée la confession. L’hypothèse sert de mode opératoire pour un sujet dont le traitement pourrait courir le risque de demeurer descriptif. Ces manières mêmes de s’adresser à Dieu sont révélatrices de Celui qui en est le destinataire, de sorte que s’impose encore l’interrogation de la nomination de Dieu. On évitera de simplifier le propos en soulignant la perméabilité et la circularité des catégories.

Le rapport à Dieu dans la liturgie

Comment s’adresse-t-on à Dieu dans la célébration eucharistique ? Comment la relation à l’humanité envers Dieu et de Dieu envers l’humanité y est-elle qualifiée et interprétée ? Il ne va pas de soi qu’on lise l’Ordo Missae comme une vraie source théologique. Or, la liturgie en tant que doxologie primaire au sens que lui donne Jean-Yves Lacoste dans son dictionnaire de théologie, nous invite à reconsidérer nos théologies usuelles, exercice toujours trop rare. La liturgie invite et incite à reconsidérer notre idée d’orthodoxie : d’abord une juste louange, ensuite l’exactitude doctrinale. L’auteur nous propose cette réflexion selon une méthodologie consistant en une lecture approfondie et une analyse sémantique de l’Ordo Missae dans la plus récente version latine du Missel Romain.

Pouvons-nous nous adresser à Dieu ? Et si oui, que faisons-nous ?

La prière est un phénomène étonnant. Les uns y tiennent de tout cœur, les autres la prennent pour un acte de superstition. L’auteur s’intéresse au mode spécifique de parler qui caractérise la prière. Qui prie, à vrai dire ? Seulement celui qui s’adresse à Dieu, ou – avec lui – aussi celui à qui la prière est adressée ? En s’engageant sur cette piste, des questions diverses, comme celle de la possibilité (ou impossibilité) de la prière, de son exaucement (ou non), de son caractère illusoire (ou non) rencontrent des réponses imprévues. Que faisons-nous avec nos paroles, et nos paroles, que font-elles de nous, quand nous prions ?