L’arrivée des penseurs orthodoxes en Europe occidentale à la suite de la révolution d’Octobre

Cet article fait le récit de quelques débats qui agitèrent l’intelligentsia russe au cours de la Première Guerre mondiale puis présente l’un des principaux fruits du renouveau de la pensée chrétienne orthodoxe post-moderne, à savoir la redécouverte de l’icône et l’invention de l’art concret. Vladimir Ern et Nicolas Berdiaev, Vassily Kandinsky, et Serge Boulgakov, des intellectuels passés par le marxisme et le nietzschéisme avant de retrouver la foi chrétienne, furent les principaux protagonistes de cette prise de conscience de la fin de la Modernité et de l’avènement d’un « nouveau Moyen-Âge ». Leur influence sur la pensée occidentale fut considérable.

L’impact de la Première Guerre mondiale sur la théologie française : le cas Teilhard de Chardin

La pensée de Pierre Teilhard de Chardin a marqué l’histoire de la réflexion chrétienne au XXe siècle. Il se trouve qu’elle s’élabore au cours de la Première Guerre mondiale. À travers les nombreux écrits de cette période, les principaux thèmes sont élaborés. La réflexion sur la dimension cosmique et évolutive de l’existence humaine n’occulte pas la question du mal.

La Première Guerre mondiale et la mise en crise de la théologie protestante germanophone et francophone

En théologie protestante de langue allemande, la Première Guerre mondiale a été l’occasion d’une mise en question radicale des positions théologiques dominantes jusqu’alors. Des voix, dont celle du jeune Karl Barth, se sont élevées contre la théologie patriotique proposée au début de la guerre par les plus grandes figures théologiques de l’époque (Adolf Harnack, Wilhelm Herrmann et Ernst Troeltsch). À l’instar de Rudolf Bultmann, nombre de théologiens allemands d’abord aveuglés par le puissant élan patriotique des premiers mois de guerre ont, par la suite, questionné certaines associations trop rapides entre le destin de leur pays et la providence divine.

Le droit de guerre juste

Le droit de guerre juste, théorisé par les théologiens chrétiens, a développé des critères qui humanisent et rationalisent le jus ad bellum. Dans le contexte de la conquête espagnole, cette rationalisation a permis de penser des rapports justes avec les Indiens et de jeter les bases d’un droit international. Mais ce droit a préparé à son insu le nouvel ordre spatial des États modernes. Ce nouvel ordre s’est retourné contre l’idée d’une « juste » guerre, la Première Guerre mondiale en constituant le point d’aboutissement. Mais celle-ci a suscité en retour de nombreuses discussions sur le droit de guerre juste qui mériteraient d’être poursuivies dans le sens d’une réflexion sur une dialectique théologico-politique de la guerre et de la paix.

Patriotisme et théologie

Une convergence s’opère en 1914-1918 entre foi en Dieu et foi en la patrie. Comment la théologie justifie-t-elle cette représentation patrioticoreligieuse ? En même temps, des chrétiens continuent à promouvoir la paix et à défendre l’universalité de l’Église. Se rejoignent alors une théologie d’inspiration patriotique et un patriotisme justifié par la théologie qui cherchent à dépasser ces contradictions. Leurs discours motivent des engagements caritatifs et propagandistes ; ils affirment que la guerre est juste, sainte et divine ; ils fondent une théologie en acte qui fait du champ de bataille un Golgotha et du soldat mourant un nouveau Christ. Cela révèle l’extension de la guerre totale qui s’imprègne de toutes les forces vives, y compris religieuses.

Bulletin de littérature sapientielle et autres Écrits (105/3 – 2017)

Les Écrits sont, dans une certaine mesure, le parent pauvre de la recherche vétérotestamentaire. Cependant, depuis quelques années, est apparu un regain d’intérêt pour ce corpus avec des angles d’investigation assez ciblés. La recherche, par exemple, s’attache à tenter une définition renouvelée du concept de sagesse, dont elle observe l’emploi variant au sein des différents champs d’études académiques. Elle prend conscience d’une nécessaire prudence quant à une catégorisation par genre littéraire et quant à une nette distinction des corpus bibliques. En même temps, divers travaux soulignent la pertinence de l’étude d’un groupe de textes pour la compréhension de la rédaction et de la composition du corpus biblique. Sous un autre aspect, l’abondance des publications dans le domaine de la critique textuelle, les interrogations sur la catégorie même de texte biblique et la mise en cause du textus receptus ou du texte standard comme outil privilégié de travail, manifestent la conscience aiguë non seulement d’un pluralisme textuel et de communautés à l’œuvre

Bulletin de littérature prophétique (105/3 – 2017)

1. Vermeylen Jacques, Le livre d’Isaïe – Une cathédrale littéraire, « Lectio Divina » 264, Éd. du Cerf, Paris, 2014, 235 p. 2. Bautch Richard J. et Hibbard J. Todd (Éds.), The Book of Isaiah – Enduring Questions Answered Anew, Eerdmans, Grand Rapids/Cambridge, 2014, 234 p. 3. Abalodo Sébastien B., Structure et théologie dans le trito-Isaïe. Une contribution à l’unité du livre, « Thesi Gregoriana » 208, Editrice Pontificia Universita Gregoriana, Rome, 2014, 360 p. 4. Block Daniel I., By the River Chebar. Historical, Literary, and Theological Studies in the Book of Ezechiel, Cascade Books, Eugène (Oregon), 2013, 315 p. 5. Bossu Nicolas, Une prophétie au fil de la tradition. L’oracle des ossements desséchés (Ez 37, 1-14) et ses relectures chrétiennes, entre herméneutique et théologie, « Études bibliques » 69, Gabalda, Paris, 2015, 445 p. 6. Assis Elie, The Book of Joël. A Prophet between Calamity and Hope, « Library of Hebrew Studies » 581, Bloomsbury, New-York, 2013, 289 p. 7. Wolters Al, Zechariah, « Historical Commentary on the Old Testament », Peeters, Leuven, 2014, LI +

Bulletin Pentateuque, Livres historiques et histoire d’Israël (105/3 – 2017)

Ce bulletin relie désormais, dans sa nouvelle délimitation, les recensions des ouvrages portant sur le Pentateuque, les livres historiques et l’histoire d’Israël. Il comporte trois parties : la première, confiée à Olivier Artus, propose des études critiques des textes du Pentateuque, dont certaines envisagent l’articulation entre données de la critique littéraire et données de l’archéologie ; la deuxième partie, confiée à André Wénin, est consacrée aux approches synchroniques et narratives du Pentateuque et des Prophètes premiers ; enfin, la troisième partie, confiée à Philippe Abadie, traite des livres « historiques », au sens large du terme, et présente également les études consacrées à l’histoire d’Israël. I. Études historiques et critiques – (Olivier Artus) – 1. Giuntoli F., Schmid K., (Éds.), The Post Priestly Pentateuch, Mohr Siebeck, Tübingen, 2015, 351 p. 2. Hartenstein Friedhelp, Schmid Konrad (Éds.), Abschied von der Priesterschrift ? Zum Stand der Pentateuchdebatte, Evangelische Verlaganstalt, Leipzig, 2015, 217 p. 3. Edelman Diana, Fitzpatrick-Mckinley Anne, Guillaume Philippe (Éds.), Religion in the Achaemenid Persian Empire, Mohr Siebeck, Tübingen,

Dictionnaire historique de la théologie de la libération

Plus d’une centaine d’auteurs ont contribué à ce dictionnaire – le premier consacré à la Théologie de la libération –, qui dresse un panorama de ce courant non seulement en Amérique Latine, mais également en Asie, Afrique, Europe, Amérique du Nord. Un des intérêts majeurs de l’ouvrage, est de présenter beaucoup d’acteurs (178 en tout : théologiens catholiques et protestants, biblistes, philosophes, sociologues, historiens, pédagogues, mais aussi des missionnaires, prêtres et évêques)…